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22 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

L’Europe et la guerre froide (suite III)

europe

– Les cultures Européennes

Le processus suit son cours et il n’y aura certainement pas de retour en arrière. La culture Européenne est la plus balaise en ces temps. Si on met l’ensemble des moyens par pays en Europe, on monte à 400 milliards d’euros par an juste pour l’éducation (premier budget), suit l’armée qui est divisée.  Et là est le grand défis…

De l’Oural à Lisbonne, l’Europe est aujourd’hui le moteur intellectuel du monde. Elle définit les lignes à suivre, mais elle se fait, peu à peu, bouffer par les autres. Les autres sont les gens de l’extrême Est (sauf le Japon qui suit les US; donc la perdition). Option capitaliste qui a pris le dessus (faut pas oublier que notre pauvre planète en prend plein la gueule, à un moment faudra en payer le prix). Donc, le budget de 400 milliards d’euros comment est-il réparti? Etant sur d’un échec des politiques du premièrasisme, l’argent ne donnera que des dégâts.

Repenser l’idée que l’enfant n’est rien et devient

(Articles à suivre)

30 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

L’Europe et la guerre froide (suite II)

Les luttes culturelles (suite)

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– Aux Etats-Unis d’Amérique (en Europe paragraphe suivant car même capitaliste le           système culturel est différent)

Il convient d’entendre par “politique culturelle” un ensemble de pratiques sociales, conscientes et délibérées, d’interventions ou de non-interventions ayant pour objet de satisfaire certains besoins culturels par l’emploi optimal de toutes les ressources matérielles et humaines dont une société donnée dispose au moment considéré. Il s’agit de préciser certains critères de développement culturel et de lier la culture à l’épanouissement de la personnalité et au développement économique et social. Les Etats-Unis n’ont pas de position culturelle officielle, ni publique, ni privée et ouvre un large champ à la discussion et à la réflexion. La déclaration ci-dessus ne fait que constater un fait propre à des institutions de caractère fédéral. Les Etats-Unis ne peuvent pas adopter officiellement une politique régissant une entreprise sociale quelconque sans un immense effort qui suppose une modification de leur constitution. Les pouvoirs du gouvernement national sont limités à ceux que les Etats sont convenus de lui accorder. La responsabilité du développement culturel n’est pas au nombre des pouvoirs que les fondateurs des Etats-Unis ont jugé bon de confier au Congrès ou au président. La non-intervention devient alors, effectivement, une sorte de politique culturelle. Elle crée un espace négatif, ou libre, pour parler comme les sculpteurs. Si l’impossibilité de prendre directement position est un handicap à l’égard d‘autres problèmes, elle semble être un avantage en matière de politique culturelle. En déniant au gouvernement central le droit d’arrêter une politique, les Etats et le secteur privé sont obligés d’adopter des concepts répondant à leurs objectifs, ce qui aboutit à un pluralisme. La diversité en matière de politique culturelle est l’une des pierres de touche de l’attitude des Etats-Unis. Les Etats, les villes, les groupements et les particuliers sont libres d’adopter, indépendamment de Washington, des positions distinctes et originales. Une fois ces positions adoptées, aucun autre secteur de la société ne peut les soutenir ou les combattre officiellement. L‘autorité gouvernementale ne peut tout simplement pas être mise au service d’une propagande ou d’une politique, parce qu’il n’existe pas (officiellement). La politique culturelle aux États-Unis n’a aucune idéologie à maintenir. La seule doctrine officielle est que chacun est libre d’adhérer à la doctrine de son choix.

Néanmoins, le gouvernement fédéral applique un programme en faveur d’un minimum, comme pour la politique artristique du pays. En effet, il existe par exemple un organisme, appelé National Foundation on the Arts and Humanities, dont l’action revêt la forme de subventions et d’études. Comment l’existence de cet organisme est-elle compatible avec une politique culturelle de non-intervention ? En premier lieu, la loi portant création de la National Foundation interdit toute ingérence fédérale dans l’exécution d’aucun projet d‘un particulier ou d‘une institution quelconque. L‘organisme fédéral peut accorder une aide financière pour l’exécution d’un projet, une réalisation ou une étude dans des conditions acceptables aussi bien pour lui-même que pour le bénéficiaire, mais, une fois la subvention accordée, le bénéficiaire peut agir en toute liberté dans le cadre de l’accord conclu. En second lieu, la loi en vigueur stipule que la participation fédérale ne peut dépasser 50 % du coût total de l’exécution d’un projet quelconque faisant intervenir une institution artistique (la non-intervention de l’État fédéral fait de la majorité de la population une population culturellement médiocre, voir nulle). Toutefois, l’organisme fédéral peut consacrer 20 % de la totalité des crédits qui lui sont alloués chaque année à l’exécution de certains projets, sans tenir compte de cette limite de 50 % du coût total. Cette dernière disposition est destinée à permettre à l’organisme fédéral de maintenir entièrement le contrôle de certaines études utiles; et parfois, mais pas dans tous les cas, elle permet aussi d’aider les bénéficiaires dont les ressources financières sont des plus limitées.

On peut facilement conclure qu’aux Etats-Unis, l’aide fédérale est exclusivement réservée à l’exécution de projets isolés par conséquent la majorité des américains sont exclus des moyens de l’Etat central dans le domaine éducatif.

C’est là une supposition compréhensible. Comme nous le montrerons plus loin par des exemples détaillés, il est trop important d’avoir, à l’échelon national, une vue d‘ensemble des problèmes du développement culturel pour que le gouvernement fédéral se contente de constituer une sorte de tirelire, d’où il veut tout de même avoir le contrôle total de la politique culturelle. Les Etats, les pouvoirs locaux et les institutions privées n’ont pas assez de recul pour se rendre compte des besoins culturels sur le plan national. Dans de nombreux cas, les limites de leurs compétences respectives leur interdisent d’agir s’ils constatent l’existence d’un besoin important. Mais sans pouvoirs absolus, que peut faire le gouvernement national en faveur des projets culturels? Il lui faut simplement commencer par s’informer, user de persuasion, obtenir l’accord de tous les intéressés et employer l’argument puissant du soutien financier afin de s’assurer des contrôles des projets. Les solutions finalement adoptées se caractérisent en général par un engagement permanent. Presque aucun projet important ne peut être exécuté sans qu’il soit nécessaire de persuader un autre secteur social de prêter son concours, mais une fois que l’engagement est pris, le soutien accordé tend à être plus durable et plus enthousiaste (comme dit, cela dépend des projets).

Il y a donc là une limitation et un avantage pour le gouvernement Fédéral.

Exemple de projet

Le projet que je vais décrire ci-après fait clairement ressortir d’une part les problèmes auxquels on se heurte et d’autre part les aspects positifs de la situation. Dans le cas en question, les autorités fédérales avaient acquis la conviction que le théâtre classique était mal enseigné dans les écoles secondaires et qu’une bonne présentation de ces œuvres classiques permettrait d’obtenir certains avantages d’ordre assez général en matière d’éducation. L’action entreprise dans le cadre du programme fédéral en faveur des arts visait trois objectifs :

- Prouver aux autorités scolaires que le théâtre de qualité a une importante contribution à apporter à l’enseignement.

- Susciter un public futur pour le théâtre de qualité.

- Offrir des possibilités d’activité artistique et d‘emploi à des acteurs qualifiés et expérimentés.

Le premier organisme à convaincre était « l’Office «of Education des Etats-Unis ». Le projet devait être approuvé du point de vu pédagogique et obtenir une aide financière importante. Une fois acquise la coopération de cet autre organisme fédéral, il fallait choisir les lieux d’exécution du projet. Dans une ville, un théâtre local de répertoire, à but non lucratif, est incité à étendre ses activités et à s’installer dans d’autres locaux pour participer à la réalisation du projet. Dans les trois villes intéressées, on a dû faire appel aux ressources financières des écoles locales et modifier leurs programmes d’enseignement, et les autorités scolaires ont été amenées à collaborer à cette entreprise et à y engager des fonds. Et, les autorités culturelles de l’Etat intéressé ont été incitées à fournir une aide financière symbolique. Au total, un organisme fédéral, un établissement privé local, une autorité publique locale et un service administratif de l’Etat intéressé. Outre l’organisme fédéral qui avait pris l’initiative de l’entreprise, ont été étroitement associés à l’exécution d’un projet important, résultant d’une idée initialement formulée à l’échelon fédéral. Si tout cela avait été accompli directement en vertu d’une décision fédérale, on n’aurait probablement pas obtenu un succès aussi complet ni aussi large.

Le rôle des autorités fédérales est limité.

Dans les dispositions législatives fondamentales, le Congrès reconnaît que la culture relève de l’initiative locale, privée ou individuelle, et que les autorités fédérales ont pour rôle d’appuyer et d’encourager cette initiative.

Néanmoins, au cours des années qui se sont écoulés depuis la création de la National Foundation, ce rôle s’est modifié pour prendre le caractère d’une relation d’association, dans laquelle l’organisme fédéral joue souvent un rôle d’animateur et de conseiller, tandis que les ressources locales, tant publiques que privées, fournissent l’essentiel des fonds et des services administratifs.

Nous examinerons plus loin le rôle financièrement plus important des fondations privées, mais ce mode d’action des autorités fédérales et la possibilité de déduire du revenu imposable les sommes versées à des fins philanthropiques sont des aspects marquants de la politique culturelle.

S’agit-il là d’une politique culturelle ? Oui. Nous nous trouvons en effet devant un ensemble de pratiques sociales conscientes, d’interventions ou de non-interventions ayant pour but de satisfaire des besoins culturels par l’utilisation de toutes les ressources matérielles et humaines dont dispose la société.

A l’heure actuelle, la politique culturelle des Eats-Unis consiste à encourager délibérément des forces culturelles multiples, conformément aux traditions du pluralisme du pays, en faisant jouer au gouvernement fédéral un rôle restreint sur le plan financier mais de première importance comme animateur et partenaire inventif, et comme centre de convergence des besoins culturels de la nation. Toutes les demandes de subventions importantes doivent être examinées par le conseil compétent avant que le président d’université prenne une décision, mais le président n’est pas réglementairement lié par les recommandations du conseil. Les présidents font rapport directement et exclusivement au Président des Etats-Unis.

639 milliards de dollars de budget de la défense US tous les ans. Là se trouve l’interventionnisme fédéral au détriment du social. Ce chiffre peut expliquer à lui seul le pouvoir central sur tous les Etats qui se veulent indépendants  et le contrôle de certaines universités hypers subventionnées, même pour les idées les plus sogrunue.

Les efforts ne sont pas mis sur la société mais sur les plus offrants. Ca marche au début car le gain est rapide et substantiel, mais à long therme il est voué à l’échec. Aucun contrôle ne peut être réellement effectué sur de telles sommes. Et entre-temps la population se paupérise intellectuellement (même les canadiens ne connaissent plus d’où vient leur nom, nous ne sommes qu’à la troisième génération de francais installés là-bas).

(https://www.capital.fr/votre-carriere/l-impressionnant-magot-de-l-universite-harvard-960408)

Lire le lien, c’est très intéssant.

En conclusion, ou vous avez de la chance et êtes fils ou fille de famille aisée, pas de problèmes. Sinon vous êtes comme toutes les personnes que la politique capitaliste a importé, souvent de force car en réalité il s’agissait d’une demande de main d’oeuvre à bas coût; c’est tout (ésclavagisme et aujourd’hui carte verte). Autrement, les US n’ont pas besoin de vous.

Heureusement, en Europe l’Histoire joue encore son rôle (en formant ses enfants) et dans le reste du monde aussi.

J’ai oublié le pouvoir de l’Image, ca va venir. Hollywood et tout ca…

 

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les Américains intensifient leur propagande à travers le cinéma. il était évident qu’ils allaient utiliser, pendant la période de la guerre froide, ce moyen qui fut d’une efficacité incontestable. Cela leur permet d’exporter leur culture : l’american way of life. La propagande se retrouve au sein de beaucoup de genres cinématographiques comme l’espionnage, la science-fiction et le fantastique par exemple. La lutte anticommuniste « bat son plein surtout sous le maccarthysme » et la propagande est au service de cette lutte par le septième art. C’est en 1947 que s’ouvre à Hollywood la période de la chasse aux sorcières. Le gouvernement américain, pendant la période de la guerre froide, traque sans merci tout individu suspecté de sympathie communiste. Ce mouvement, initié par Joseph McCarthy (1908-1957), sénateur républicain du Wisconsin depuis 1947.

L’un des genres le plus touché par la propagande a été la science-fiction. Celle-ci est l’une des plus intéressantes car l’on peut aborder des sujets sérieux voire angoissants sous forme de métaphores ou d’allégories. On a peur de l’autre, faut avoir peur de l’autre, alors l’imagination voir l’imaginaire s’installe facilement dans les ésprits. On met le paquet question finance pour améliorer les techniques de prises de vu, les meilleurs acteurs (tout ca  ressemble au nazisme) femelles ou mâles sont mis à contribution, absolument pas représentatifs de la société. Mais ca marche. Vaincus, les européens sont les seuls consommateurs (le chewin gum). The américan way of life venait de naitre aux frais de la princesse. (C’est vrai je n’ai pas encore parler du plan Marshall).

08 septembre 2017 ~ 3 Commentaires

l’Europe et la guerre froide (suite I)

 

europe-1948-1989

INTRODUCTION

L’Europe est tuée. C’est la gonzesse du monde. Elle qui fait partie de l’intelligence humaine, elle va se mettre à genoux devant deux immenses Etats; l’URSS et les USA. Bordel, pourtant…La France a perdu des guerres puis son empire, l’Angleterre a perdu aussi le sien, c’est vrai que c’est minable. La méchanceté est là, on construit un Etat. Israël avec les arabes pour du pognon.

L’Europe renaît, Berlin est prise d’assaut par les russes et les américains. quand j’ai vu un soldat américain insulter une femme allemande qui n’avait rien, on avait compris.

Les russes avaient perdus 20 000 000 de soldats alors que les américains 150 000. Rien a voir. La guerre est lancée. L’Europe n’a aucune priorité ce sera juste un terrain de jeu, Russes vs USA. Il s’agira d’un affrontement culturel, politique et militaire.

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Les idéologies

On est parvenu aujourd’hui au point ou on peut indiquer brièvement ce qu’est devenue la crise dans notre époque. Bien évidemment, il s’agit du rapport entre l’individu et la société. L’individu est devenu plus conscient que jamais de sa dépendance vis-à-vis de la société, mais il ne vit pas cette dépendance comme un atout ou comme une force protectrice mais plutôt comme une menace pour ses droits naturels et, de ce fait, pour son existence économique; voir son existence tout court. Sa position dans la société est telle que ses tendances égotiques de son être sont constamment stimulées alors que ses tendances sociales, qui par nature sont faibles et se détériorent progressivement. Tous les Etres Humains, quelles que soient leurs positions sociales, souffrent de ce processus de dégradation. Prisonniers, sans savoir, de leur propre égotisme, ils se sentent en danger. Isolés et empêchés de jouir de la vie simplement et innocemment.

L’Homme ne peut trouver de sens à la vie qui est brève et périlleuse qu’en se dévouant à la société. L’anarchie économique de la société capitaliste telle qu’elle existe aujourd’hui est la véritable source du mal. Nous avons devant nous une immense communauté de producteurs dont les membres cherchent sans cesse à se priver mutuellement du fruit de leur travail collectif, non par la force mais dans l’ensemble, en parfaite conformité avec les règles légalement établies. Dans cette perspective, il est important de réaliser que les moyens de production c’est-à-dire toute la capacité de productivité requise pour produire à la fois les biens de consommations et les biens d’équipements supplémentaires peuvent être légalement, et le sont en grandes parties, la propriété privé de certains individus. Pour faire simple, est nommé travailleurs tous ceux qui ne sont pas propriétaires des moyens de productions. Le propriétaire des moyens de production est en mesure d’acheter la force de travail du travailleur. En se servant de ses moyens de production, le travailleur produit de nouveaux biens qui devient la propriété du capitaliste.

Le point essentiel dans ce processus est le rapport entre ce que le travailleur produit et ce qu’il est payé; donc de mesurer en terme de valeur réelle. Dans la mesure où le contrat de travail est libre, ce que le travailleur reçoit est déterminé non pas par la valeur réelle du produit mais plutôt par ses besoins minimum, et par le rapport entre les demandes du capitaliste en force de travail et le nombre de travailleurs disponibles sur le marché. Il est important de comprendre que même dans la théorie, la paye du travailleur n’est pas déterminée par la valeur de ce qu’il produit.

Le capital privé tend à se concentrer en peu de main d’œuvre, en partie à cause de la concurrence entre capitalistes, en partie parce que le développement technologique et la division croissante du travail encourage la formation d’unité de productions plus larges au détriment des plus petites( les fusions par exemple). Le résultat de cette évolution est une oligarchie de capitalistes dont son incroyable pouvoir ne peut être contrôlé, pas même par une société dont le système politique est démocratique. Cela est d’autant plus vrai que les membres du corps législatif sont choisis par les partis politiques dont ils sont largement financés par les capitalistes qui éloignent les électeurs du corps législatif.  

Par conséquent, les représentants du peuple ne défendent pas suffisamment les intérêts des moins favorisés. Plus encore, dans de telles conditions il est inévitable que les capitalistes contrôlent directement ou indirectement les principales sources d’informations, presse, TV , radios ou même l’éducation. Il est dès lors extrêmement difficile et, dans la plupart des cas, absolument impossible pour le citoyen de parvenir à des conclusions objectives et de faire un usage intelligent de ses droits politiques et sociaux.

La situation qui prévaut dans une économie fondée sur la propriété privée du capital est ainsi caractérisée par deux principes essentiels : premièrement, les moyens de production du capital sont des propriétés privés et les propriétaires en disposent comme bons leur semblent. Deuxièmement, leur contrat de travail est libre (bien sur il n’y a pas de société purement capitaliste en ce sens). En particulier, il faut noter que les travailleurs, par des luttes politiques longues et acharnées, ont réussi à garantir une forme quelque peu améliorée de contrat de travail libre pour certaines catégories de travailleurs. Mais dans l’ensemble, l’économie actuelle n’est pas très éloignée d’un capitalisme pure et dure. La production vise le profit et non l’utilité. Rien ne garanti que les gens pouvant et voulant travailler trouveront toujours un emploi car il existe presque toujours une armée de chômeurs. Le travailleur vit constamment dans la crainte de perdre son emploi et comme les chômeurs et travailleurs mal payés ne constituent pas un marché rentable, la production des biens de consommations est réduite et il en résulte de grandes difficultés. De plus, il est fréquent que les progrès technologiques engendrent plus de chômage qu’un allègement global de la charge de travail. La soif du profit jointe à la concurrence entre capitalistes est responsable d’une instabilité dans l’accumulation et dans l’utilisation du capital qui conduit à des dépression de plus en plus violentes et récurrentes. La concurrence sans limite engendre ainsi un gaspillage du travail considérable et paralyse la conscience sociale des individus, comme je l’indique en début de paragraphe.  

Cette apathie des gens est le pire mal du capitalisme, car le système éducatif est lié à ce mal, une seule vision des choses qui nous est imposée. Cela fabrique des machines humaines mal renseignées. Attitudes de compétitions exagérées, les enfants n’ont plus leur place. Et quand ils ont leur place, ils sont formés dans le culte du gain à tout prix.

Il n’y a qu’une façon d’éliminer ce terrible mal, à savoir en mettant en place une économie socialiste accompagnée d’un système éducatif orienté vers des objectifs sociaux.

Dans une telle économie, les moyens de production sont possédés par la société elle-même et sont employés de façon planifiée. Une économie planifiée qui ajuste la production aux besoins de la communauté, distribuerait le travail à faire entre ceux qui sont en mesure de travailler et garantiraient les moyens d’existence à chaque homme, femme et enfants. L’éducation d’un individu, en plus de stimuler ses propres facultés innées, s’efforcerait de développer en lui un sens de la responsabilité à l’égard de ses semblables. Au lieu de glorifier, comme dans la société actuelle, le pouvoir et le succès.

Mais il est nécessaire de se rappeler qu’une économie planifiée n’est pas encore le socialisme. Une économie planifiée peut en tant que telle s’accompagner d’un asservissement total de l’individu comme on l’a vu au siècle précédent et comme nous pouvons le constater encore en Corée du Nord ou même en Chine. La réalisation du socialisme exige de résoudre plusieurs problèmes sociaux politiques extrêmement difficile. Comment est-il possible, dans la perspective d’une centralisation de grande ampleur du pouvoir politique et économique, d’empêcher la bureaucratie de devenir toute puissante et arrogante ? Comment peut-on protéger les droits individuels et comment assurer un contrepoids démocratique au pouvoir bureaucratique ? Il s’agit de clarifier les buts et les problèmes du socialisme.

Il faut lever tous les tabous

 

Les luttes culturelles

Le concept de politique culturelle suppose une double réflexion préalable. L’une au niveau de la notion même de culture, qui tend actuellement à embrasser pratiquement toute l’activité humaine et son environnement social et idéologique. L’autre au niveau de la finalité de toute culture, qui doit se baser sur la prise de conscience qu’une communauté humaine possède de son propre mouvement historique et en fonction de quoi elle tend à affirmer la continuité de son être propre et à en assurer le développement.

Cette dernière idée nous paraît essentielle pour poser d’emblée la question qui nous préoccupe dans le contexte précis de l’originalité symbiotique de la culture et de l’histoire. En fait, aborder les problèmes culturels c’est évoquer une expérience qui dépasse peut-être la dimension d’un pays.

En Union des Républiques Socialistes Soviétiques (puis des pays de l’Est – Pacte de         Varsovie)

C’est Lénine (1870-1924) qui a jeté les bases de la politique culturelle de l’État soviétique. Il a fait ressortir qu’après la victoire de la révolution socialiste, « l’essor culturel est une tâche des plus urgentes ». Lénine ne concevait pas de progrès économique et politique dans le pays sans une instruction suffisante des ouvriers et des paysans, sans le développement culturel de la masse populaire. Il s’est efforcé non seulement de faire de toutes les conquêtes, de la culture le patrimoine du peuple entier, mais aussi de faire participer les travailleurs à l’édification culturelle. Il écrivait : « Au sein de la classe ouvrière et de la paysannerie, ces talents constituent une source intarissable et encore intacte, la Révolution d’octobre engage les travailleurs dans la voie où ils créent eux-mêmes la vie nouvelle. » L’édification de la culture socialiste signifie un renversement de la vie spirituelle de la société, la création d’une culture essentiellement nouvelle, de la culture socialiste, dont l’essence même est déterminée par une conception progressiste du monde. La conception marxiste du monde est la seule expression juste des intérêts, des vues et de la culture du prolétariat révolutionnaire.  A mon avis.

Il a introduit le concept de « révolution culturelle » y voyant un élément constitutif de l’édification de la société nouvelle en URSS (puis dans les pays faisant partie du Pacte de Varsovie) et du développement de ce qu’il y avait de meilleur dans l’ancienne culture. « Nous ne saurions résoudre ce problème si nous ne comprenions pas bien que c’est seulement la parfaite connaissance de la culture créée au cours du développement de l’humanité et sa transformation qui permettront de créer une culture prolétarienne ».  

La Révolution d’octobre a donc déterminé l’orientation socialiste de l’évolution de la société en URSS et créé les conditions nécessaires à la transformation socialiste de la culture. En cent ans, la société soviétique (puis Russes depuis 1989) a franchi une série d’étapes allant de la conquête du pouvoir politique par les travailleurs et de leur mainmise sur les mécanismes socio-économiques du pays à l’édification de la société socialiste jusque dans les années 70 et au passage progressif à la société communiste jusqu’en 1989. Mais les conditions et les tâches de l’action culturelle et de la politique culturelle changeaient d’une étape à l’autre, en même temps que les problèmes du développement général. Il faut noter que le système éducatif et culturel actuel, sous l’emprise du pouvoir par Poutine, est encore plus rationalisé qu’à l’époque soviétique. On le voit par le développement fulgurant des connaissances des russes depuis la chute du mur de Berlin, que ce soit dans les nouvelles technologies, l’agriculture et même le cinéma.

La première étape de l’édification culturelle (1917-1927) est l’époque du devenir de la culture socialiste soviétique, le début de la révolution culturelle. La question de principe la plus importante qu’il a fallu résoudre au cours de cette période était la suivante : sur quelle base et dans quelle direction devait se développer la culture de la société nouvelle. Mais il se trouva des « ultra-révolutionnaires » qui exigeaient l’abandon de tout l’héritage culturel du passé comme étant un héritage bourgeois, et la création sur des bases entièrement nouvelles d’une culture dite prolétarienne. Lénine et ses partisans se sont résolument opposés à une façon aussi barbare de considérer les acquisitions du développement séculaire de la culture. Dans un discours prononcé au 3e congrès de l’Union de la jeunesse, le 4 octobre (jour et mois de naissance de mon gosse) 1920, Lénine a tenu à montrer que la classe ouvrière et son parti étaient les seuls et légitimes héritiers et continuateurs de tout ce que les générations précédentes avaient créé de positif dans le domaine de la culture. Une grande attention a été accordée au développement de l’éducation et à la lutte contre le honteux héritage du passé qu’était l’analphabétisme d’une très grande partie de la population. Des écoles et des cercles d’alphabétisation furent créés, ainsi que des écoles d’adultes. Tous les obstacles risquant de limiter l’accès des travailleurs à l’instruction secondaire et supérieure furent écartés. On jeta les bases d’un nouveau système d’instruction publique, fondé sur le caractère de service public de l’enseignement. A cette époque, les travailleurs intellectuels étaient peu nombreux. On fit appel au début à l’ancienne intelligentsia, ce qui aida le pays à sortir d’une situation difficile. Puis commença la renaissance culturelle des populations arriérées. C’est au niveau des villages que furent faits les premiers pas dans l’édification de la nouvelle culture.

La deuxième étape de la révolution culturelle (1928-1958 dont la méthodologie sera accélérée dans les pays du bloc de l’Est à partir de 1955 pour rattraper l’URSS) est une période de transformation générale et profonde de la culture dans l’esprit socialiste. La politique culturelle fut orientée vers la formation d’une nouvelle élite intellectuelle issue des milieux ouvriers, l’enrôlement définitif des anciennes élites dans le camp soviétique, l’instauration dans le pays de l’instruction obligatoire dès six ans, l’essor de la science et de la culture artistique, la suppression de l’écart culturel entre les travailleurs intellectuels et les travailleurs manuels, entre la ville et les campagnes et entre les divers peuples de l’URSS et l’établissement de relations culturelles internationales et leur extension. Cette politique a eu pour résultat de modifier radicalement la vie culturelle du pays, de rattraper un retard immense, de permettre les remarquables réalisations de la science, de développer une culture artistique, de renforcer l’autorité et l’influence de la culture soviétique dans le monde. Ce fut une authentique révolution culturelle.

La troisième étape (jusqu’en 1989 dû à l’effondrement de l’empire mais qui a repris de plus belle depuis une bonne dizaine d’années), est celle de l’achèvement de la révolution culturelle : la culture socialiste se transforme progressivement en culture communiste. L’édification du communisme et de ses bases techniques et matérielles dépend en grande partie de l’élévation du niveau culturel du peuple. La fonction éducative de l’action culturelle prend une dimension nouvelle et considérable. Le caractère du développement culturel se modifie fondamentalement, il devient régulier, constant et ininterrompu. La riche expérience culturelle accumulée, l’existence d’un grand nombre d’animateurs culturels et une solide base matérielle permettent désormais de résoudre des problèmes sociaux et d’accélérer le processus du développement économique.

Comme dit précédemment, à l’heure actuelle, la politique culturelle de la Russie repart de plus belle et est orientée vers la généralisation de l’enseignement secondaire obligatoire, l’extension de l’enseignement supérieur, le développement de la science et l’application de ses résultats à l’économie nationale (comme nous pouvons le constater militairement par exemple), l’intégration de la science et de la production et le développement puissant des relations internationales.

 

08 septembre 2017 ~ 2 Commentaires

VIVE L’ESPACE

 

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Aujourd’hui on change de sujet. On reviendra sur l’EUROPE. Juste pour dire que la minabilitée de l’être humain est là. Oui je suis aussi docteur en Astro physique, diplôme obtenu en Amérique dans les universités Southwestern . J’avoue, c’est par correspondance que  j’ai eu mon diplôme.

Partant. J’ai un visage ou j’ai beaucoup de grains de beautés. Je ne le savais pas, c’est une nanas qui m’a dit « tes grains ressemblent vachement à la constellation du cancer ». Je ne le savais absolument pas. Et après vérification, effectivement, les grains étaient placés incroyablement comme le ciel qu’on voit la nuit. Sur mon visage, j’avais la constellation du cancer, et je suis cancer.Là c’est parti.

Depuis je m’intéresse à l’espace.

Je sais vivre dans le vide, et j’ai vu mon visage. Oui il est beau. Mais il fait parti d’un vide. Comme dans un songe, lorsque l’on se voit dans un miroir, cool, j’étais. Une intelligence surgit. Tout ça fait peur. Et là, l’Espace. Je me dis que je suis simple, parmi l’immensité. Je n’arrive pas à contenir ce qui m’entoure. J’aime l’idée d ‘être unique mais rien.

Sans elle, le noir qu’on voit dans l’espace, impossible d’expliquer les premiers instants de l’univers. bienvenue. on va parler de la constellation de la Lyre..

On est à 1500 années lumières. On est à coté. Vous nous ressemblez. On parle comme vous vous voulez. Dans la galaxie nous sommes huit. Vous n’êtes pas encore développés et vous avez peur.

Dans le cosmos il y a ce qu’on appelle la matière noire, c’est ce qui sépare les planètes et tout objets flottants dans le vide sidérale qui n’est pas un vide mais une matière qui régit. C’est l’antimatière (certains disent la matière noire). Oui, c’est difficile à comprendre. Et pourtant, comme le zero, il n’y a pas de vide. Le zéro n’existe pas tout comme ce qui nous entoure. Comment fait on pour voyager aussi loin? On est pas loin, la matière a son double. Il s’agit de rétracter l’espace. Comment fait-on? La matière et l’anti matière s’annule (vrai ou faux). Je sais c’est difficile à comprendre. Ce qui existe n’existe pas.  1500 années lumières est une donnée.

Oui, il  y a un double. Lors du Big Bang ,comme on l’appelle ici, l’univers a été crée. Dans le même sens, une information a été envoyée. Ce que personne ne sait, c’est que 0100010 (qui s’écrit autrement) est le code d’existence. Oui c’est ça qui a permis l’existence. La perticule, c’  est aussi la chose qui a permis les voyages. La particule s’annule: Les noyaux atomiques se délèstent avec le conatct de son élément qui lui ressemble. Ca permet d’etre normal quand on bouge. Lorsque nous bougeons on ne controle aucun mouvement. L’énigme de l’antimatière pourrait voir sa réponse par elle même. En Suisse, on a créé une longeure de 25 km pour voir l’oeil de Dieu. L’infiniment petit. C’est marrant, quand on va loin, du côté des alontours des espaces, on voit ce qui est petit. très petit. Et bien noir. Ce qui est marrant c’est le ….j’ai oublié.

Les désintégrations radioactives surviennent  naturellement. Les noyaux atomiques se déléstent. Ils se décomposents. Ils deviennent nulles; plus aucune stabilité. Le fait du vide fait la puissance….bref

« nous sommes habitués à ce que la matière chute dans un champs de gravité (j’éspère que vous savez ce qu’est la gravité; NEWTON) mais il n’est pas exclu que l’antimatière subisse une sorte d’antigravité et s’envole ». Putain de phrase. Directeur du CNRS Chardin. Il n’a rien compris à l’anti matère. lorsqu’on observe l’espace, des trous noirs se présentent partout. Juste en bas un autre espace se présente, qui est une autre matière. On le voit quand un soleil tourne sur lui même. C’est un aimant, ils s’annulent ce qui veut dire qu’il ya un autre monde. Ce qui veut dire que le vide n’existe pas. C’est une théorie.

Salut..

De retour. c’est toujours Rahim. Je reviens toujours avec la même idée. Nous sommes quelque part dans l’espace et il y a un trou noir juste en bas. Que se passet t il en bas? Au centre de notre galaxie tout le monde sait qu’il y a un trou noir qui nous régit.

Comment ca s’appelle? J’aimerai avoir une info… Pas d’infos.

Vous l’aurez compris, c’est ma cour de récré..

Mais une leçon pourquoi pas.

Quand un astsre tourne autour de lui meme à une vitesse (1million de km/h,en bas bas il se passe passe la meme chose, en bas une force aussi puissante que ce soleil qui veut descendre mais ne peut pas car y a un autre à son opposé. D’ou il tourne. ( des trous trous noirs avec des multis verts). LEspace a  un tourbillion chaotique. L’univers est un milieux horstile ..Il est impossibible de décrire une explosion d’une étoile. Mais avant d’aller jusque là, faut parler de ce qui nous régit. L’Orbite. Avez vous vu une horbe? autour de la Lune? Moi Oui avec Sarah, une amie qui m’a accompagnée en Espagne. Une Horbe magnifique autour de la Lune, ce qui est rare à voire, bref elle ne voulait rien savoir. Une horbe est l’orbite, c’est là que nous pouvons faire le tour. Tourner, tourner…

Les orbites sont les garanties de notres survie. La Lune, la Terre autour du soleil, et les autres planètes qui nous évitent les comètes et les astéroides qui nous tombent sur la gueleule.

Pourquoi je parle des orbites: le vide sidérale, la matière noire. Qu’est-ce qui protgège votre petite planète bleue. Rien. Homme impétueux, océans sales, terres suréxploités et espaces sales. Vous les hommes, êtes du niveau 1.0. Bref, c’est pas maichant.

Souvenez- vous. L’espace est un tourbillion, tourbillion.<  Mais chez nous cool. Notre système solaire est attipique, instable et chaotique et parfois rien avoir. ma belle c’est bon, on verra ca plus tard. Oui on parlera de tout ca plus tard.

Il faut savoir que sans cet equilibre, l’orbite, nous n’excitirions pas. L’univers est tellement grand… l’univers est bien plus grand qu’on le croyait.

Notre orbite, si la bleue bouge d’ un coté ou d’un  autre c’est la glace ou le desert. Si c’est la glace, les calottes polaires. Si c’est le desert. La secheresse . Les océans sécheraient. Les nuages searaient durs et les mers seraint un énorme lac dur. Plus rien à bouffer. la fin, sera la glace ou le feu.  Bon, Cool je m’emmerde … je reprendrai….

De retour. Je parlais de l’orbite. Sans elle nous n’existerions pas. Elle permet de nous maintenir à bonne distance du soleil. Réchauffement adéquat pour vivre. Elle nous régit comme la Lune qui tourne autour de nous pour aussi réguler les pressions des mers et Océants. Ce qui nous donne de quoi manger.

L’Orbite: Parfois regardez en haut. La Lune nous montre de temps à autre une Orbite. Une éspèce de machin blanc qui l’entoure. Ce qui veut dire que c’est dans cette zone qu’on peut tourner autour d’elle. Pérsuadé que personne n’a mis les pieds là bas, on peut tout de même la comprendre. Plus légère que notre planète, elle nous serres. Grace à elle nous pouvons vivre sur notre planète paisiblement.

Je reviens. Une espece tourne en dessous.

 

(Article à suivre)

01 septembre 2017 ~ 2 Commentaires

L’EUROPE ET LA GUERRE FROIDE

 

bombe-hydrogene

 

En août 1954, la seconde guerre mondiale a pris fin en Europe depuis quelques mois mais continue de faire rage en Extrême-Orient. Tokyo et les autres grandes villes japonaises sont soumises à des bombardements intensifs de la part des américains. Jusque là, les villes d’Hiroshima et Nagasaki était restées épargnées. Mais au matin des 6 et 8 août 1945, les événements prennent une tournure tragique.

hiroshima

Hiroshima 

Sous un soleil éclatant, le bombardier B-29 survole la ville d’Hiroshima vers 8 heures du matin, à très haute altitude. Pour la défense japonaise, l’avion ne fait qu’effectuer une mission de reconnaissance. Que pourrait faire un avion isolé, alors que la population japonaise venait d’être soumise ces derniers jours à de véritables pilonnages? Certains disent, aujourd’hui, que les chefs d’état-majors de l’armée nippone étaient au courant de cette attaque nucléaire et qu’ils n’avaient donné aucun ordre pour abattre l’aéronef. Ils avaient le temps, à peu près deux heures avant d’arriver sur l’espace aérien japonais. Mais tandis que les japonais vaquent à leurs occupations, l’équipage de l’Enora Gay (le nom de l’avion) s’apprête à larguer une bombe atomique: c’est la première arme de destruction massive de l’humanité. Surnommée Little Boy, cette bombe pèse 4 tonnes.

Elle tombe au dessus de la ville jusqu’à une altitude de 600 mètres, puis explose pour faire le maximum de dégats. Hiroshima et ses 390 000 habitants sont détruits en l’espace d’une seconde, tandis que d’autres zones sont litérallement rasées. L’explosion en elle-même a fait au moins 75 000 morts sur le coup, et 250 000 personnes sont mortes plus tard des suites de la catastrophe. Jamais auparavant dans l’histoire de l’humanité une arme n’avait causé autant de morts ni provoqué autant de dégats.

Des témoins situés à plusieurs kilomètres de l’explosion ont pu relater l’évenement, car à trois KM à la ronde, la bombe a instantanément tout détruit. Dans un rayon de 5 KM, seul 1/3 des immeubles et habitations sont réstés debout, mais ne vont pas tarder à devenir la proie des flammes. Les témoins ressentent l’onde de choc à 10 KM, puis voient le champignon dans le ciel. A l’épicentre de l’explosion, il ne reste plus rien. Les températures ont fait fondre le métal, tout le reste est carbonisé, volatilisé. Toute vie a été littéralement pulvérisée. Seuls ceux qui, par l’effet de la chance ou du hasard, sont pris dans les décombresou ont pu, d’une manière ou d’une autre,se protégerde l’onde de choc échappent à une mort immédiate.

Mais l’explosion de la bombe libère des rayons gamma qui pénètrent et détruisent tout. Tous les êtres vivants qui se situent dans un rayon de 2 à 3 KM du lieu de l’explosion sont voués, à plus ou moins long terme, à la mort. Tout est contaminé par les radiations.Les sauveteurs, arrivés sur place quelques temps plus tard pour essayer de sauver ce qui peut l’être, sont à leur tour contaminés et eux aussi promis à la mort. Personne, d’ailleurs n’aurait pu prendre des dispositions et se protéger d’uen manière quelconque, car personne, pas même les américains, ne savait quelles allaient être les effroyables conséquences de cette attaque.

Pour certaines victimes, le cauchemard prend rapidement fin, mais d’autres souffrent pendant des semaines ou des mois de vomissements, de coliques, d’hémoragiesau niveau de la peau, des poumons, de la vessie, de l’estomac, de poussées de fièvres, ou encore d’une dissolution de la muqueuse de l’estomac (ca doit être horriblement douloureux avec l’écoulement de l’acide). Les victimes n’ont presque plus de globules blancs et meurent dans d’indicibles souffrances. Pour les personnes vivant aux alentours d’Hiroshima, le risque de leucémie augmente de 50%, mais les autres types de cancer, cancer de l’estomac, des poumons, des ovaires, du larynx et de la thyroïde se multiplient aussi. Les femmes font des fausses couches ou mettent au monde des enfants mal formés et non viables. Plus de 70 ans après cette attaque, les vicitimes continuent de souffrir de diverses séquelles.

Pourtant, même après ce coup dévastateur porté contre la population civile, le Japon ne se laisse pas infléchir et ne capitule pas. La Russie vient de déclarer la guerre au Japon. A peine deux jours plus tard, les responsables américains décident donc de procéder à une seconde attaque et larguent, le 8 août 1945, une bombe au plutonium, appelée cette fois-ci Fat Boy, sur la ville industrielle de Nagasaki. Fat Boy pèse 5 tonnes et son explosion dégage des températures inimaginables de plus 300 000 ° Célcius quianéantissent sur le champ tout ce qui vit. L’onde choc, qui se propage à une vitesses de 40 000 KM/H, détruit toute la banlieu de Nagasaki. Plus de 50 000 personnes meurent instantanément. Comme à Hiroshima, des milliers de survivants meurent quelques temps plus tard, dans des souffrances atroces.

La guarre dans le Pacifique s’achève enfin. Le 15 août, l’Empereur Hiro Hito (1901-1989) proclame la capitulation du pays.

Quelques semaines, seulement auparavant, le 16 juillet 1945, les américains avaient fait exploser dans le désert du Nouveau-Mexique la première bombe nucléaire de l’histoire de l’humanité. L’inventeur et le père de la bombe atomique, Oppenheimer (1904-1967), avait alors parlé de la naissance d’un nouveau bébé, ce qui explique le nom de la bombe de Hiroshima; Little Boy. Quand lui même et ses collègues du laboratoire de Los Alamos qui travaillaient, depuis 1943, à la mise au point de la bombe constatèrent les conséquences et la force de destruction de leur bébé, ils furent pris de mégalomanie, sans pouvoir pour auatnt estimer les dommages réels et les conséquences à long terme de cette nouvelle arme. L’un des physiciens de Los Alamos, Edouard Teller (1908-2003), engagea ses amis à lui envoyer une carte postale s’ils pensaient qu’une montagne n’était pas à sa place ou les gênait. Trois semaines plus tard, ils jetaient leurs bombes sur des humains.

Au cours des soixante-dix années qui suivirent le largage de ces deux bombes, il se forma durant la guerre froide, ce que l’on appela « l’équilibre de la peur ». En effet, quand les russes furent en mesure de construire eux aussi  des bombes atomiques, les deux superpuissances s’engagèrent dans une course aux armements comme le monde n’en avait jamais connue. Les deux pays s’équipèrent d’une telle quantité d’armes qu’ils auraient pu faire exploser plusieurs fois la Terre si l’un des dirigeants avait appuyé sur le bouton fatidique. Jusqu’aujourd’hui ce danger était conjuré, les deux parties en présence s’étaient rapprochées  mais la course aux armements a repris de plus belle. Il existe aussi une nouvelle menace de destruction atomique qui émane d’autres Etats voyous comme la Corée du Nord, Israël, le Pakistan et bien d’autres et non plus les seules superpuissances russe ou américaine.

Wowh ou whow ou un truc de ce genre. Bien les bombes ont éxplosées. Putains, les gens ont soufferts. Bien on se le refait? Un mythe Aztèque raconte que le lorsque dieu de l’ETRE descend, ca veut dire sur soit, l’agriculturure n’aura rien; El Cacayao, ca veut dire plus rien pour toi mon vieux.

On en est là, La puissante Europe, continent, avec toutes ses idées de modernités, sa tolérance, sa puissance intéllectuelle. la guerre a fait mal. Il faut penser autrement maintenant. Même les allemands sont d’accord, ils sont mêmes les premiers à vouloir mettre un terme aux violences. Ce que personne ne sait c’est que des émissaires Ukrainiens, francais et autrichiens avaient été envoyés en 1941 à Berlin, en juillet, pour cesser la guerre; ET les allemands étaient d’accord (on est en 1942). Les allemands n’avaient plus le choix. Normalement (voir code112 MS sov), la guerre a été provoquée.

Sur armée, l’Allemagne n’a plus le choix. Elle doit faire la guerre. Tout le monde veux sa peau comme pour l’Algérie aujourd’hui.

j ai envie d ecrire mais rien, bon on verrra demain

 

 

26 août 2017 ~ 2 Commentaires

La guerre de libération (1954-1962) suite II

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LA FIN

Depuis 4 ans, la France est engagée en Algérie dans une guerre qui ne dit pas son nom et l’opinion publique est las des violences et des exactions, sans parler du pouvoir politique qui s’effondre en s’épuisant à ne donner aucune solution. A Alger, le coup de force des militaires avec à sa tête le général De Gaulles est réussi et la quatrième République va bientôt laisser place à la cinquième.

A cause de son impuissance à gérer « les évènements » d’Algérie, en 1958, le 9 ème gouvernement tombe à Paris, et le 28 mai de la même année plus de 200 000 manifestants défilent pour dénoncer la prise de pouvoir de l’armée à Alger et par ricochet à Paris. Pour les marcheurs, « le fascisme ne passera pas ».

De Gaulles espère sur la majorité silencieuse, et veut croire que le peuple attend un homme providentiel car il est fin tacticien. Au début, il ne se prononcera pas sur la question algérienne et pourtant toute la classe politique et le peuple français sont suspendus à ses décisions. Juin 1958, le parlement lui accorde sa confiance. Il accepte à la seule condition d’avoir les pleins pouvoirs pendant 6 mois. Le temps qu’il lui faudra pour écrire une nouvelle constitution pour l’avènement d’une nouvelle République. A ce moment là, les Français redoute une guerre civile. On attend de lui qu’il mette un terme à la guerre d’Algérie mais il aura encore 4 ans de guerre à supporter avant la fin des hostilités.

Immédiatement après la prise de ses fonctions, il se rend à Alger. Tous les artisans de son retour au pouvoir sont présents; Salan et Massue. Ces derniers font pression sur lui pour garder l’Algérie à la France, d’ailleurs tous les européens le lui demandent aussi. Il est reçu par des centaines de milliers de partisans de l’Algérie-française. Au fond, il sait que la partie est finie. Il faut juste trouver les moyens de limiter la casse. Au balcon de la grande poste d’Alger, il prononce ses mots: « Je vous ai compris« . En réalité, personne n’avait compris ce qu’il fallait comprendre.  » assurer une patrie à ceux qui doutaient d’en avoir une ». Il a réussi à endormir le peuple pour un temps. Il parlait non pas seulement aux Français d’Algérie mais à tous les habitants de la terre d’Algérie c’est à dire même aux autochtones. Les européens n’avaient alors pas encore compris sa démarche. Il voulait effectivement donner les mêmes droits à tous. Quel meilleur moyen de tenir un peuple que de lui rendre sa dignité. Mais la fracture est là, voir la déchirure. Avec du recul, on sait aujourd’hui qu’il était déjà trop tard. Lui aussi voulait se donner encore une chance; pensait-il la dernière.

Le FLN lui répond spectaculairement. Il décide de porter la guerre en France métropolitaine. Le 25 août 1958, il fait sauter les réservoirs pétroliers de Marseille. Une gigantesque colonne de feu s’élève dans le ciel. Selon des témoins, elle fait 100 à 200 mètres de haut., et il ne tarde pas à s’en dégager un épais nuage de fumée noire. Une forte odeur d’essence flotte dans l’air. La police ferme les autoroutes ainsi que de nombreuses routes passant à proximité du dépôt. Les nuages noirs s’étendent sur une grande partie de la ville de Marseille. Les opérations d’extinction ne pourront démarrer que le lendemain. La chaleur est telle que les pompiers ne peuvent s’approcher de l’incendie. Et, pour éteindre un incendie d’une telle ampleur, les quantités de mousse carbonique nécessaires sont absolument énormes. Trois jours plus tard, les 15 réservoirs en feu sont maitrisés. C’est tout un symbole. Il s’agit de préciser, que même si le Sud n’est pas encore touché par les armes, il appartient à la nation algérienne. Le peuple Français stupéfait, découvre que cette guerre peut les atteindre dans leur propre territoire. Le même jour, Soustelle, alors ministre de la justice, échappe à un attentat à Paris. C’est le pouvoir que le FLN veut atteindre. Il est temps pour l’organisation de déplacer les violences, ce qui permettra de mieux se faire entendre de la communauté internationale afin d’exercer encore plus de pression.

Bien évidemment, il y aura en retour une sévère répression contre la communauté algérienne en France. Il y en a 300 000 qui vivent dans la métropole. 300 000 à soutenir le combat en finançant le FLN. Les renseignements généraux le savent.

Trois semaines après l’attentat de Marseille, les cadres du FLN se rendent à Tunis et proclament la création du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA) et désigne son président; Ferhat Abbas (1899-1985). Un autre message politique envoyé à De Gaulles.     Abbas va s’employer à obtenir des soutiens internationaux et veut unifier tous les courants nationalistes algériens pour faire de son gouvernement un unique interlocuteur pour les futures négociations pour l’indépendance. La crainte est la division et il précise bien que les algériens ne sont pas les ennemis de la France, nous luttons uniquement pour notre indépendance.

L’indépendance, De Gaulles y songe. Il pense aussi à sa nouvelle constitution qu’il veut faire  adopter par référendum. L’équation est simple, voter « Oui », c’est voter pour la paix en Algérie. On explique cela aux populations qui vont voter pour la première fois. De Gaulles veut en réalité tous les pouvoirs. Une manipulation de masse à travers le jeu de la guerre pout y parvenir. Il parle même de pourcentage car il veut l’adhésion totale de la nation qui lui accordera la légitimité nécessaire pour prendre des décisions radicales sans en être inquiété.

Le 28 septembre 1958, partout on vote même en Algérie et même les algériens. Ils peuvent pour la première fois s’exprimer. C’est une révolution en soit car la pleine citoyenneté leur est accordé et, les femmes aussi on le droit de vote. Malgré la pression du FLN qui est contre ce référendum, les algériens votent massivement. C’est un triomphe pour De Gaulles, 95% de oui en Algérie et 82% en métropole pour la nouvelle constitution. La France entre dans la 5ème République.

Il a maintenant les mains libres. Il peut mettre en place sa politique et le plan secret dont il n’a parlé à personne. Il veut négocier sérieusement avec le FLN. Il veut créer une fédération, une association entre les deux pays mais à une seule condition; garder le Sahara. Intolérable pour le FLN et les résistants. C’est là que se trouve la richesse du pays, de plus les Touaregs et Mozabites (berbères tous) ne veulent pas non plus faire partie de la France. Il faut savoir que les entreprises françaises se sont déjà installées par les groupes pétroliers d’Etat, ELF et Total. En fin stratège et pour être en position de force pour les négociations, il cherche à rallier la population algérienne. Il lance donc le plan de Constantine, c’est un immense plan de développement économique. Logements, emplois, salaires et redistribution des terres aux paysans sont les cartes maitresses qui vont lui permettre d’affaiblir le FLN. Les partisans de l’Algérie-française y trouvent aussi leurs comptes. Ce sont des milliards de francs qui sont injectés directement dans les caisses algériennes. La faille dans cette stratégie est que cela permettra la reconstruction ou le développement du pays. Le revers de la médaille est que les Français d’Algérie ne voudront ni partager, ni abandonner les territoires. De Gaulles est dans une impasse. Qui finance tous cela; bien évidemment le pétrole algérien qui connaît un développement fulgurant. Des ports sont construits, des gazoducs et des navires pétroliers. L’Algérie se modernise à une vitesse grand V. De Gaulles veut une indépendance énergétique totale pour la métropole. C’est le centre de sa stratégie. En bon négociateur, il ne traite plus les résistants de terroristes mais de courageux combattants. il veut maintenant « la  paix des braves ». Il s’adresse donc directement au FLN d’égal à égal. Le FLN ne transige pas, il n’est pas question de couper l’Algérie en deux. Au delà des richesses, il s’agit d’un même peuple. Le FLN rejette donc « la paix des braves », ce serait une forme de capitulation. Puis il y a eu trop de morts du coté algérien. Ce serait insulter la mémoire des défunts. Le FLN le répète encore; » nous n’avons aucune haine contre la France, notre objectif est notre totale souveraineté« . Il va sans dire que les Français d’Algérie sont troublés par cet appel au dialogue avec le FLN et surtout les militaires. De Gaulles le sait et n’hésite pas à changer les chefs militaires installés à Alger, Salan, Massue et tous les officiers partisans de l’Algérie-française. Ces mêmes officiers qui vont, plus tard, fomenter un putsch puis fonder l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète). Ils repartent effectivement d’Alger avec le sentiment de trahison de la part de De Gaulles. Ce dernier insiste sur « la paix des braves » et fait un premier geste fort; il ordonne la libération de 10 000 prisonniers du FLN. Il leurs accorde même une indemnité. Il faut commencer à acheter tout le monde. Les prisonniers politiques aussi sont libérés tel que Messali Hadj.

Mais ne nous trompons pas, la guerre fait rage à l’intérieur du pays, en Kabylie et aux Aurès car malgré ses belles tentatives d’amadouer le peuple, De Gaulles veut une victoire militaire aussi. Il veut écraser l’ALN. Il envoie encore plus de soldats et de parachutistes; Le conflit est loin d’être fini. Encore trois ans. Il s’engage avec brutalité dans la guerre, avec pour objectif d’affaiblir l’adversaire en vu des négociations à venir. C’est le fameux « plan Challe ».

Le « Plan Challe » du nom du général Challe (1905-1979) qui a pour ordre d’anéantir l’ALN et surtout les têtes pensantes du FLN. Pour cela il disposera de 450 000 hommes, de dizaines d’hélicoptères, de chars et de moyens de communications modernes. Ce sera un véritable rouleaux compresseur face aux 60 000 soldats de l’ALN un peu moins bien lotis coté armement. Ce sera une bataille très dure des deux côtés. L’ALN connaît parfaitement le terrain, ce qui équilibre plus ou moins les forces. Les Français pratiquent la politique de la terre brûlée. En effet, civil ou pas, tout le monde y passe. C’est un écrasement programmé. Ils vont jusqu’à utiliser des armes interdites par les conventions internationales, les « bidons spéciaux » du vrai nom; le NAPALME. Des centaines de milliers de morts. L’ALN est alors en difficulté à ce moment. Des centaines de combattants se rendent car ils sont coupés du commandement. Les Français leurs laissent le choix: combattre avec eux contre leurs frères ou être exécutés. Ils vont ainsi recruter des centaines de milliers de Harkis. C’est un gros problème pour l’ALN et le FLN car ils connaissent parfaitement et le terrain et la pensée des rebelles. Ils vont être d’une efficacité redoutable. Challe lui même dit d’eux « le français de souche nord-africaine est meilleur chasseur que le français de souche nord-africaine » c’est à dire l’autochtone plutôt que le blanc.

De gaulles croit qu’il est en train de gagner la guerre. Effectivement, 10 000 prisonniers parmi l’ALN et 20 000 maquisards sont morts lors de l’opération dont plusieurs chefs comme le colonel Amirouche (1956-1959), la bête noir des montagnes de Kabylie et que les militaires français surnommaient « Amirouche le terrible ». Son corps est volontairement montré à la population et à la presse comme le signe d’une victoire définitive à venir. Les soldats d’élites sont fiers de leur victoire lors de cette bataille, mais pas les appelés parce qu’il y a eu tout de même 4700 des leurs qui sont tombés et que cette opération ne fut pas conventionnelle. Ils sont tout même convaincu qu’ils l’ont emporté définitivement et que l’Algérie restera française. Mais De Gaulles sait, grace aux renseignements généraux, qu’il s’agit juste d’un ennemi affaibli.

En réalité, dans les coulisses, l’URSS est à la manœuvre. L’union soviétique est en train de sur-armer les soldats des frontières et leurs envoient des techniciens et soldats d’élites                 (les Spetsnaz) pour leur apprendre à utiliser leur armement dernier cri. Ils veulent tester leur nouveautés en temps réel et De gaulles veut absolument sortir du bourbier algérien. Il sait que cela risque de durer des années surtout avec l’intervention des grandes puissances, URSS et USA dont les américains ne pardonneront pas au président Français de vouloir faire cavalier seul en se retirant du commandement de l’OTAN après la seconde guerre mondiale. Sans parler de son isolement de la communauté internationale et que ce conflit consume une grande partie du budget de l’Etat.

En 1960, l’armée des frontières est fine prête à entrer en action. De Gaulles veut absolument négocier au plus vite avant que ses gains sur le terrain ne devienne une humiliation pour le pays. Il va jusqu’à déclarer: « L’Algérie de papa est morte, si on ne le comprend pas, on mourra avec elle ».

Il propose donc aux algériens une consultation par les urnes pour l’auto-détermination. Les leaders du FLN sont pris de court mais restent inflexibles. Le FLN veut l’indépendance. C’est pourtant simple! C’est l’angoisse chez les français d’Algérie. Ils se sentent trahis. Salan et Massue de même que Soustelle attendent au tournant. Le 24 janvier 1960, les Français d’Algérie sortent à nouveau dans les rues d’Alger scandant toujours le même refrain « Algérie-française ». Cette foule croit encore au poids politique qui avait fait tomber la République précédente. Il y aura par la suite un affrontement entre les gendarmes et les manifestants. C’est une véritable mini révolution entre français. Les gendarmes tirent et font 35 morts et 250 blessés lors de la première fusillade. Ils s’entretuent, c’est le signe d’une guerre civile. C’est tout bénéf pour le FLN; surtout ne pas intervenir pour ne pas leur donner l’occasion de se concentrer sur un ennemi commun. Le lendemain, une seconde fusillade fera 15 morts et 75 blessés. Et au bout d’une semaine, le mouvement s’essouffle. L’armée et une partie de la population n’ont pas soutenu les contestataires. Les activistes sont arrêtés comme Pierre La gaillarde (1931-2014), député d’Alger qui fondera plus tard l’OAS. Dorénavant, il sera question d’un antigaullisme des français d’Algérie alors qu’en métropole, il est soutenu par plus de 80% de l’opinion publique; sondage commandé par le président. Dans le continent européen, la population en a assez de cette guerre.

Dans le même temps, il y aura les essaies de la « honte ». Effectivement, le 3 février 1960 la première bombe nucléaire française explose dans le Sahara. Sa politique de défense sera la dissuasion. Toujours le Sahara qu’il ne veut absolument pas lâcher. C’est un bien précieux et il ne sait pas comment faire pour le garder. De leur coté, le FLN joue à fond la carte de la politique et de la diplomatie et l’armée des frontières se tient prête à intervenir. Il cherche cependant des soutiens partout dans le monde car il y aura bientôt un vote à l’ONU. Les chefs du parti se rendent notamment chez Mao Zedong (1893-1976) qui les reçoit avec les honneurs. Pour la première fois le drapeau algérien flotte dans le monde, à Pékin, et l’hymne national et joué officiellement par la garde Républicaine chinoise. Pour les chinois, l’Algérie est désormais considérée comme un Etat à part entier avant même l’indépendance officielle. C’est très bien joué de la part du FLN. Il faut préciser aussi que les soutiens gagnent la France. De nombreux intellectuels s’impliquent pour l’indépendance à l’image de Sartre (1905-1980) qui écrit: « Personne n’ignore aujourd’hui que nous avons ruiné, affamé, massacré un peuple de pauvres pour qu’il tombe à genoux et il est resté debout ». 

Le 9 décembre 1960, De Gaulles revient pour la dernière fois en Algérie pour soutenir sa démarche du référendum pour l’autodétermination. Il est hué par les partisans de l’Algérie-française parce qu’ils avaient compris qu’il était en train de les lâcher. Les pieds noirs laissent éclater leur colère et dans la Casbah c’est la fête. Le drapeau algérien est bientôt partout. Le peuple sort jusque dans les quartiers français. Alger est assiégée par les deux communautés et vont entrer en collision. D’énormes incidents se produisent. La gendarmerie et l’armée sont obligées d’intervenir. On tire sur les foules, européennes et algériennes. Les forces de l’ordre répriment sans distinction. Puis, la Casbah sera entièrement bouclée. Mais le peuple algérien n’a plus peur, il veut affrontement les gendarmes et militaires. Sur les toits, les partisans de l’Algérie-française tirent sur la foule. Certains algériens sortent des armes aussi et ripostent. Durant 5 jours, Alger est devenue sanglante. 200 algériens et 50 français ont perdu la vie. Cet épisode fait comprendre aux européens que le rapport de force était en train de s’inverser. A ce moment précis, le peuple algérien devenait maitre de son destin. Il n’était plus possible pour la France de contenir la colère de tout le peuple sauf à faire un génocide à plus grande échelle; car le génocide a été fait.

8 janvier 1961, se déroule le référendum dans un climat de tension extrême. La question est : »Etes-vous pour l’autodétermination en Algérie? Oui ou Non ». L’enjeux était immense et tout le monde en était conscient. 77% de Oui en métropole et 70% de Oui en Algérie. Ce qui va pousser les ultras de l’Algérie-française à agir. Pierre La Gaillarde a échappé à la justice et a trouvé refuge dans l’Espagne de Franco (1892-1975). Il a rejoint le général Salan à Madrid. Celui-ci a été interdit de séjour en Algérie sur ordre de De Gaulles. Ensemble, ils créent le mouvement terroriste « Organisation de l’Armée Secrète » OAS dont l’objectif est de maintenir l’Algérie française.

Le 21 avril 1961, le putsch. Au petit matin, les généraux Salan, Zeller, Jouhaux  et Challe arrivent secrètement à Alger et prennent possession, du siège de la veille, du palais du gouvernement. C’est clairement un coup d’Etat contre les politiques de la métropole. C’est intolérable pour le président. Il applique alors un article de sa constitution qui lui confère les pleins pouvoirs. Le soir même, il revêt son uniforme de général pour s’adresser à la nation en direct à la télévision « Un pouvoir insurrectionnel s’est établit en Algérie par un pronunciamiento militaire, ce pouvoir a une apparence, un quarteron de généraux en retraites, ils ne voient et ne connaissent la nation que déformer, aux travers de leur frénésie. Leur entreprise ne peut conduire qu’à un désastre national. » Le lendemain, à Paris, des bombes explosent à la gare de Lyon et à l’aéroport d’Orly. C’est l’OAS qui signe ces attentats. Tout semble converger vers un coup d’Etat et le gouvernement craint une prise d’assaut par les parachutistes sur la capitale. La guerre d’Algérie est en train d’emporter la France entière dans sa tourmente et pour la première depuis la seconde guerre mondiale, Paris est investit par les chars d’assauts protégeant les hauts lieux de la République. De Gaulles sort toute l’armée pour barrer la route aux putschistes et le peuple fait bloc derrière leur président. C’est effectivement le destin de la République qui est en train de se jouer à Alger, il y a encore 450 000 soldats en Algérie. Personne ne sait quel sera leur choix; suivre les officiers putschistes ou la République. La majorité des hommes sont profondément républicains et, par conséquent, ils refusent de participer au coup d’Etat et bien sûr, sans eux rien n’est possible. Finalement, le putsch tourne en véritable fiasco. Challe se rend et Salan prend la fuite en retournant à Madrid d’où il va continuer sa lutte désespérée. Il est toujours à la tête de l’OAS et il compte sur ses 3000 partisans pour ouvrir un nouveau front. La France va désormais vivre au rythme des attentats. Des français sont tués aveuglément et dans le viseur de l’OAS, on trouve la presse, la justice, les policiers, tous les ministères et des personnalités politiques comme Malraux (1901-1976) ou Mitterrand jusqu’au président de la république qui échappe à un attentat le 9 septembre 1961 dans son véhicule. La bombe a sauté quelques secondes trop tard. Entre De Gaulles et Salan, ca devient une lutte à mort. Le peuple, lui, est excédé et craint encore un basculement dans la guerre civile. Pour allumer la mèche, des membres du FLN tuent de nombreux policiers en le mettant sur le compte de l’OAS. Pour mettre de l’ordre, De Gaulles les pleins pouvoirs au préfet de Paris; Maurice Papon. Les consignes sont strictes: aucune manifestation algérienne ou pro algérienne ne sera tolérée. Ils seront soumis à un couvre feu, ils n’auront plus le droit de sortir après 20 heures sous peine d’être mitraillés. Pour dénoncer cette interdiction, 30 000 algériens quittent leurs foyers pour se rassembler à Paris centre. Le préfet ordonne alors la dislocation de la manifestation. Au même moment, une rumeur circule; une dizaine de gendarmes ont été assassinés. On saura plus tard qu’il s’agissait d’une manipulation destinée à provoquer une réaction violente. Un vent de folie s’emparent des forces de l’ordre. La violence est à son comble, des dizaines d’algériens sont jetés dans la Seine. Les autorités reconnaitront officiellement deux morts mais, en réalité, il y en aura 134. Plus de 12 500 seront arrêtés en nuit et seront expulsés dès le lendemain en Algérie. Cette nuit est occultée des mémoires françaises, alors qu’en Algérie est une journée de commémoration.

A la fin de l’année 1961 à l’annonce de l’ouverture officiel des négociations entre le FLN et le gouvernements français, va radicaliser un peu plus l’OAS. Une véritable explosion de violence en Algérie et en France. Rien que le mois de janvier 1962, il y aura 850 attentas perpétrés qui feront plus de 500 morts dont 300 uniquement en France et 1059 blessés. Le pays est plongé dans l’enfer du terrorisme. L’OAS tente d’éliminer Jean Paul Sartre en plastiquant son appartement pour s’être mobilisé pour l’indépendance de l’Algérie. Puis ce sera le tour de Malraux, en février 1962. Cet attentat va être le tournant car Malraux n’est pas chez lui mais ce sera une enfant de quatre ans, sa voisine, qui, atteinte, perdra la vu. La presse publie les images de l’enfant qui va provoquer une émotion immense dans l’opinion public. Un écœurement qui va pousser cette opinion public à réagir en manifestant en masse le 8 février 1962 sur Paris. Plus de 500 000 personnes descendent dans la rue, mais très vite et sur ordre du préfet Papon, les forces de l’ordre chargent, il y aura 19 morts, des vieillards pour la plupart. Le choc sera profond dans l’opinion. Il s’agissait de dénoncer le terrorisme et le peuple ne comprenait pas pourquoi la violence des services de police. 1 000 000 de personnes se rassemblent pour les obsèques des victimes policières. Le pouvoir politique a maintenant peur de la réaction de la rue.

C’est dans ce contexte de grandes tensions que le 7 mars 1962 à Evian, en Suisse, s’ouvre les négociations entre le gouvernement français et les représentants du FLN. C’est Krim Belkacem, ministre de la guerre du GPRA qui conduit la délégation algérienne et Louis Joxe (1901-1991), ministre des affaires algériennes, qui représente la France. Durant 11 jours, les deux parties discutent pied à pied et débouchent sur un compromis: Le cessé le feu immédiat sur tout le territoire et la mise en place de l’indépendance par référendum. Toutefois, la France pose deux conditions;

1- La protection europénne de la population algérienne.

2- Le droit d’exploiter le Sahara pendant 6 ans.

En contre partie, le FLN obtient la poursuite du plan de Constantine c’est à dire l’achèvement de l’aide technique et économique du plan de développement du pays. L’accord est signé le 18 mars 1962. Le FLN a obtenu satisfaction, il arraché l’indépendance, conservé l’unité de l’Algérie en gardant le Sahara et il est devenu l’unique interlocuteur de la France.

Le matin même de cette signature, 197 attentats sont commis en Algérie. L’OAS vient de s’engager dans un dernier combat. Les derniers récalcitrants sont désespérés et mènent une politique de la guerre brûlée. Durant trois mois, l’organisation met le pays à feu et à sang. De son côté le FLN réplique en enlevant des civils français, il s’agira des membres des familles de l’OAS. Alors que la guerre semblait s’achever, c’est de nouveau l’engrenage et la terreur.

A Alger, le 26 mars 1962, l’OAS organise une grève générale et un grand rassemblement. Soudain, tout dérape. La rue D’Isly s’embrase. L’affrontement entre manifestant et gendarmes fera 56 morts et plus de 200 blessés. Encore des français qui s’entretuent. Les pieds noirs et les colons ont compris. Pris en étau entre toutes les violences de l’OAS, celle du FLN et de l’indépendance à venir, ils n’ont plus leur place dans ce pays. Ils faut maintenant partir, quitter sa terre natale. Un véritable traumatisme pour ces populations. Des centaines de milliers de personnes qui abandonnent tout; leur pays, leur maison, leur travail et leur morts. Ce sera un allé sans retour vers la France que la majorité d’entre eux n’a jamais connu.

En plein exode, un attentat de l’OAS détruit la tour de contrôle de l’aéroport d’Alger dans le but de clouer au sol les avions qui emportent les européens en Europe. Les départs sont un temps interrompus et pourtant il faudra partir quand même. Les bateaux sont pris d’assaut; tous les moyens sont bons y compris les embarcations de fortunes comme les bateaux de pêcheurs, les cars vers la Tunisie ou le Maroc.

Les autorités françaises ne sont pas préparé à un tel exode. Plus 1 200 000 personnes se retrouvent dans la métropole en quelques semaines. La majorité se retrouvent dans la rue sans aucune ressource et des dizaines de morts lors de la traversée sauvage. A vrai dire, les français ne veulent pas vraiment de cette population. Ils les considèrent comme des étrangers. Puis vient le référendum pour l’indépendance. « Voulez-vous que l’Algérie devienne un Etat indépendant coopérant avec la France »? Telle est la question unique, directe et sans ambiguïté qui est posée en Algérie. La réponse aussi est sans ambiguïté, le 1er juillet 1962, le Oui l’emporte à 99,92%. L’indépendance est approuvée. Le 3 juillet 1962, le général De Gaulles reconnaît donc l’indépendance de l’Algérie et les pouvoirs exécutifs de la France sont officiellement transmis au président exécutif du gouvernement provisoire algérien, Abderahmane Farès (1911-1991). Pour l’armée française aussi c’est le temps du départ. Comme en Indochine, le sang versé, les sacrifices, les exactions et les tortures; tous cela parait bien vain. Pour ces hommes ce sera encore une défaite, ils devront vivre avec leur cauchemars sans parler de la honte qui les ronge du fait d’avoir abandonné les supplétifs, les harkis, à leur sort. Ils sont voués à la vengeance. Ils sont désarmés par ordre de De Gaulles car il craint la récupération par l’OAS. C’est un télégramme secret qui est envoyé par le ministre des affaires algérienne qui ordonne l’interruption des évacuations : »Demande à haut commissaire de rappeler que toute initiative individuelle tendant à installer en métropole des Français musulmans, sont strictement interdites. Avisez tout chef SAS et commandant d’unités ». Au fait, les harkis sont condamnés à mort par la France. Après l’indépendance, des dizaines de milliers de harkis vont être massacrés par le FLN qui, faut dire ce qu’il en est, sont des traitres. Du côté algériens le bilan est très lourd: 760 000 personnes ont été tués en 8 années de guerres. 1/9 ème  de la population et plus de 2 000 000 de paysans ont été déplacés, un véritable génocide. Côté français: C’est toute une génération qui restera marquée. 32 000 appelés et 2 700 parachutistes seront tués et des milliers de blessés sans parler ceux qui ont perdu l’esprit et resteront handicapés à vie. L’impossibilité même de pouvoir en parler et des centaines de milliers de militaires de carrières vont démissionnés car pour eux, c’est pire qu’une défaite, une humiliation. Comment un peuple aussi pauvre, sans aucune éducation (pour eux car notre éducation est notre histoire millénaire) a réussi à les faire plier. c’est incompréhensible à leurs yeux.

Pour la France, la perte de l’Algérie met un terme définitif à sa période coloniale et à sa puissance impériale dans le monde. Elle va se concentrée dorénavant à la construction européenne.

Sous une liesse immense dans tout le territoire national, du nord au sud et d’est en ouest, le 5 juillet 1962, sera proclamé l’indépendance officielle de l’Algérie. Durant cinq jours les algériens fêtent la renaissance de notre nation. l’ONU reconnaît officiellement la nouvelle nation par un vote unanime et le drapeau flotte parmi les pays du monde à New York.

CONCLUSION

C’est l’aboutissement de tous ces combats et la fin d’une guerre que la France mettra 40 ans à nommer, le 10 juin 1999.

En fait, le secret de la victoire résidait dans la ténacité. Le Colonel Amirouche (Amirouche le terrible) aimait à psalmodier ces quelques mots à ses hommes pour les encourager et leur rappeler pourquoi ce sacrifice était nécessaire avant d’aller au combat, au contact des ennemis et au dela de toute religion ou croyance: « Nous, les vestiges d’un peuple bientôt éteint, faisons le vœux de corriger les erreurs de nos ancêtres, de préserver nos terres et de retrouver ce qui a été égaré au péril de notre propre naissance ». D’après les survivants de son unité, ces quelques mots étaient plus forts que n’importe quelle drogue ou substance qui pouvait permettre d’enlever la peur. 

L’ampleur inouïe des moyens mis en œuvre pendant cent trente ans par la France pour déculturer le peuple et l’assimiler aurait dû avoir pour effet d’effacer à jamais les langues nationales (Berbère et Arabe), les valeurs spirituelles et religieuses, l’histoire et la conscience nationale. En fait, le soulèvement du ler novembre 1954 a surpris ceux qui ne croyaient pas à la ténacité de la personnalité algérienne et à la survie de sa culture. Le joug colonial fut secoué et la liberté arrachée en 1962. Il s’agit ici de célébrer un exploit et de souligner la puissance du phénomène culturel qui a sous-tendu pendant plus d’un siècle la volonté d’exister, malgré la domination, les contraintes, les dévastations, les tentatives d’étouffement et les promesses fugaces. Il y a lieu également de rappeler l’engrenage du mécanisme dialectique de la répression et du soulèvement, de l’obscurantisme érigé en système et de l’infaillibilité de la mémoire collective … L’expérience de l’Algérie est, dans ce domaine, particulièrement instructive car elle révèle l’intensité de la résistance culturelle même aux moments les plus sombres et les plus difficiles. La culture est toujours restée l’âme vive de la nation.

On en parle pas vraiment dans cet article mais les États-Unis ont joué un rôle essentiel dans la guerre d’Algérie.

Les responsables américains sont dès 1954 convaincus : la France ne peut pas gagner la guerre et l’Algérie deviendra tôt ou tard indépendante. Outre leur anticolonialisme traditionnel, et la conviction que le conflit en Algérie, à la différence de celui d’Indochine, relève d’une autre catégorie que la guerre froide et donc ne justifie pas un soutien automatique à la politique française. Tout au long de la crise leur politique est dictée par la conviction que la guerre d’Algérie compromet la participation effective de la France à l’Otan et risque de pousser l’Afrique du Nord dans les bras de Moscou (pas seulement l’Algérie mais aussi le Maroc et la Tunisie dont l’importance est ici pleinement mise en lumière et sur lesquels compte Washington pour promouvoir un nationalisme arabe anticommuniste).

Washington demeure persuadé qu’une négociation avec le FLN en vue de l’indépendance est la seule issue, tandis que de Gaulle n’a pas encore du tout renoncé à l’Algérie. Il faudra attendre l’intervention massive de l’URSS, via les armées des frontières pour que la pression soit réellement ressentie par la France. Pour les américains, il était hors de question d’apporter un appui physisque au FLN du fait que l’URSS avait déja installé ses pions. La seule façon de ne pas perdre les terristoires d’Afrique du Nord était d’apporter un appui politique, notamment à l’ONU. La France, étant tout de même un allié des USA, ces derniers ne pouvaient tout de même pas s’installer comme si de rien n’était. Dans cette partie, le jeu d’influence avait été gagné par les soviétiques.   

18 août 2017 ~ 0 Commentaire

La guerre de libération (1954-1962) suite I

carte-algerie

 

LA GUERRE1954-1962

L’Algérie commémore dimanche 20 août 2017, deux dates hautement symboliques de son histoire.  Le 20 août 1955 rappelle les  massacres du Nord-Constantinois et le 20 août 1956  coïncide avec la tenue du  congrès de la Soummam dans les villages d’Ighbane et Ifri situés dans la commune d’Ouzellaguen (Béjaïa, petite Kabylie).

Le congrès de la Soummam est le point de départ réel de la guerre où les chefs historiques du FLN (LARBI BEN M’HIDI 1923-1957, MOURAD DIDOUCHE 1927-1955MOHAMED BOUDIAF KHEIREDDINE 1919-1992HOCINE AÏT AHMED BEN MOHAMED YA­HIA 1926-2015, RABAH BITAT 1925-2000, MOHAMED BEN YOUSSEF KHIDER 1912-1967, BELKACEM BEN HADJ HOCINE KRIM 1922-1970, MOSTEFA LACHERAF 1917-2007, AHMED BEN BELLA 1916-2012) s’entendent pour mener des attaques sur tout le territoire, pour bien signifier aux colons que toute l’Algérie appartient aux algériens. Mais surtout, le congrès de la Soummam sera la ligne politique à adopter.

Lors de la toussaint 1954, le 1er novembre exactement, les Français d’Algérie commencent à pleurer leurs morts assassinés. La communauté française est devenue la cible d’attentats meurtriers par des actions violentes et concertées. Se seront les premiers morts de cette guerre qui débute pour durer près de huit ans. Huit ans d’une violence inouïe dans laquelle un million et demi de jeunes soldats Français vont prendre part dont 30 000 seront tués et dont des centaines de milliers d’algériens vont aussi tomber. La réponse française à cette insurrection sera le déplacement de plus de deux millions de paysans et la destruction de centaines de villages. Ce sera aussi une guerre qui va déraciner près d’un millions de pieds noirs, l’abandon et le massacres de milliers de « harki » (supplétifs de l’armée française fidèles à la France). Ce sera une guerre qui ne dira jamais son nom car, à cette époque, les politiques parlaient de mouvements d’Algérie. Et enfin, ce sera une guerre qui provoquera la chute de la République française pour donner naissance à la 5ème République et pour l’Algérie, l’arrachement de son indépendance.

Pour les français, une question se pose. Qui est derrière ces attentats, parfaitement coordonnés et sur tout le territoire? Il s’agira de plusieurs centaines d’hommes, dans la clandestinité, cachés dans les montagnes de Kabylie et de l’Aurès. C’est le FLN. Ce sont des groupes appartenant au courant politique de Messali Hadj (1898-1974, il fonda l’Etoile Nord Africaine- mouvement national pour l’indépendance).

C’est le 8 mai 1945 que tout bascule. Pendant que les Français fêtent leur fucking victoire en chassant les nazis, ils massacrent le peuple constantinois. Suite à l’assassinat d’un algérien parc qu’il brandissait le drapeau algérien, il y eut en réponse à cet acte les meurtres de 103 Français à Sétif et l’armée colonial traquent les hauteurs. Ce sera une répression aveugle qui va s’abattre sur Constantine. Exécutions sommaires, maisons et villages brulés et tortures. 40 000 morts en moins de trois jours et c’est là que le nationalisme algérien va vraiment se cimenter. Le général Duval (1894-1955) qui mène cette répression écrit «   Je vous ai donné la paix pendant 10 ans mais il ne faut pas se leurrer, tout doit changer en Algérie, sinon on se confrontera sérieusement ». Il avait raison. Il avait vu l’avenir qui l’attendait.

Effectivement, 10 ans après rien n’avait changé. L’opinion publique française ne savait même pas ce qui se passait de l’autre côté de la méditerranée. Même les politiques, pourtant renseignés par les renseignements généraux, feignent la surprise. Mendès France (1907-1982) est nommé pour mettre fin à la guerre d’Indochine, il va négocier l’autonomie de la Tunisie mais, pour lui, hors de question de discuter de l’Algérie estimant qu’il s’agit d’un territoire français et toute la classe politique en est convaincu. Il envoie donc son ministre de l’intérieur, François Mitterrand, pour le charger de rétablir l’ordre. Il dispose, à cette période, de fausses informations. Il croit savoir que les attentats perpétrés étaient l’œuvre des services secrets égyptiens. La réponse est clair pour le ministre. Ce sera la répression à tout va. La France commencent alors à envoyer des milliers de soldats en renfort. La tactique est de prendre l’insurrection de vitesse. Surtout pas sortir de la Kabylie; il s’agit du berceau de la révolte. Le terrain est très difficile d’accès, donc idéal pour la guérilla. Mais surtout, c’était une région très pauvre et sous administrée. Pour les combattants, il était facile de recruter. Une semaine à peine après les attentats, toute la Kabylie est encerclée. Le dispositif est impressionnant. On comptait 35 000 soldats Français sur équipés en comparaison aux fellagas. Ces derniers seront écrasés, mais ce n’est que le début de la guerre qui va se nourrir de sa propre violence et des humiliations que le peuple algérien subit. Les mécanismes politiques du FLN étaient déjà en place et la machine ne pourra plus s’arrêter jusqu’à l’indépendance. Les politiques Français n’avaient pas imaginé le degrés d’avancement de la stratégie du FLN.

l’ALN (Armée de Libération Nationale) est la branche armée du FLN. Humiliés, exécutés et souvent torturés, les algériens vont de plus en plus s’engager dans l’ALN. Malgré la répression, l’ALN recrute à tour de bras. De 3000 hommes au début de l’insurrection, elle passe à une armée de près de 10 000 l’année suivante. Elle est entrainée, structurée et parmi eux des soldats de l’armée française d’origines algériennes qui, déjà formés, forment à leur tour les nouvelles troupes. Effectivement, ils ont combattus pour la France pendant la seconde guerre mondiale et la guerre d’Indochine. Se sentant trahis par la façon dont ils sont traités par l’armée coloniale; humiliations et code de l’indigénat, ils décident de changer de camps. Ils désertent et rejoignent la rébellion comme Krim Belkacem (tête pensante du FLN) qui sera l’un des principaux hommes à abattre pour la France.

Le problème de cette armée clandestine manque cruellement de moyens modernes tels que chars et avions. Pour exister, le FLN doit absolument faire connaître leur combat au monde entier pour obtenir une reconnaissance internationale. C’est lors de la conférence de Bandung en avril 1955 et grâce à Nasser et Nehru qui réussissent à réunir 29 pays africains et asiatiques pour soutenir le combat algérien. Ils affirment leur droit d’exister en dehors des deux blocs qui dominent le monde. C’est la naissance de ce que nous appelons, les pays non-alignés et du tiers-monde. Evidemment, pour le FLN, c’est une première grande victoire politique.

Mais les politiques, coté colons, ne voient pas la marche inexorable de la décolonisation. Au contraire, ils envoient toujours plus de soldats. Les Français d’Algérie sont rassurés. Et les algériens ont de quoi s’inquiéter car ce sont les soldats qui ont combattus en Indochine en arrivant avec le gout amer de la défaite et pour les chefs le souvenir douloureux de la débâcle de 1945. Il va sans dire qu’ils n’ont pas le droit d’échouer, cela serait insupportable à leurs yeux. La guerre d’Algérie, ils veulent et ils doivent la gagner.

La reprise en main n’est pas que militaire mais aussi politique. Jacques Soustelle (1912-1990) est nommé nouveau gouverneur d’Algérie. Il est ethnologue de formation et avant d’agir, il veut avant tout comprendre le pays et sa société. Il s’adresse à tout le monde et défend l’idée d’intégration. Il veut réformer et donner aux autochtones les mêmes droits que les français. Mais il comprend vite les différences. Les Français d’Algérie ne veulent rien savoir. Ne veulent aucun partage. Ils ne sont qu’un million alors que les algériens sont neuf millions dont 9 sur 10 n’ont jamais fréquentés l’école, ils ne savent ni lire ni écrire et sont pour la plupart très pauvres. Soustelle comprend vite que les européens ont créés une société inégalitaire. Il voit la misère et bidonvilles ce qui est intolérable à ses yeux. Il sait que ce sont là les ferments de la révolution. Il ne veut pas croire que c’est trop tard pour arranger les choses. En réalité, la rupture est consommé depuis bien longtemps mais il se donne une chance. Alors il s’y atèle. Il veut pacifier les zones rebelles en y apportant le progrès à travers les Sections Administratives spécialisées (SAS). Il y en aura 750 à travers le pays. Les militaires seront alors utilisés dans un autre rôle que celui de la guerre. Le parachutiste devient instituteur, le médecin militaire se mêle à la population pour apporter des soins et le génie construit des ponds là où il doit y en avoir. C’est une autre forme de guerre que la France veut démarrer. L’objectif est de gagner l’affection de la population pour les détourner du FLN car, à cette période précise, la majorité de la population n’avait pas encore pris parti pour la révolte. C’était devenu un enjeux pour la France. Mais cette action humanitaire n’est pas sans arrière-pensée. Elle permet de débuter un vaste travail de recensement en nommant et en fichant les individus pour faciliter leur contrôle. Ce qui va aussi leur permettre d’armer des bénévoles qui deviendront par la suite les Harkis.

L’été 1955, la politique de l’isolement du FLN et de la main tendu porte ses fruits et, de plus, l’organisation clandestine est harcelé par l’armée. Cette dernière perd du terrain. Alors le FLN, conscient de cela, veut créer un choc. Il va chercher à engager une stratégie de guérilla et de harcèlement dans le but de déstabiliser l’adversaire. Pour cela, il lui faut atteindre un niveau de violence sans précédent pour qu’il y ait un point de non retour dans la guerre des deux cotés, séparant ainsi définitivement les deux communautés. Le 20 août 1955 à Philippeville dans le nord de Constantine, à la machette, à la hache, au couteau et même à la pioche, des centaines de paysans s’attaquent sans distinction aux hommes, aux femmes, aux enfants et aux vieillards; 150 morts dont 130 Français sont tués. Le choc psychologique est violent et définitif. Le point de non-retour est alors franchi. Soustelle est sous le choc lui même et ne trouve même pas les mots pour décrire ce qu’il voit. L’objectif du FLN est atteint car Soustelle change radicalement de politique. Pour lui, la répression militaire doit être à la mesure du choc et doit bouleverser tous les algériens. Il s’en suivra meurtres et exécutions en série sans aucun état d’âme. La haine et la peur se sont installer partout et l’escalade est inévitable des deux cotés.

Soustelle proclame alors l’état d’urgence et ordonne de traquer les rebelles par tous les moyens. Il y aura 12 000 morts ce qui permettra de dénoncer cette répression au sein des Nations-Unis. La question algérienne est alors portée à l’ordre du jour lors de l’assemblée générale de la même année. C’est une victoire diplomatique sans précédent pour le FLN. La France est entrain de couler politiquement, elle s’isole de plus en plus.

Depuis la médiatisation internationale de la guerre, en France, l’Algérie est devenue un sujet d’inquiétude pour la population. Il s’est imposé comme le centre de gravité de la politique intérieure. On pourrait dire enfin. C’est en faisant campagne pour la paix que le socialiste Guy Mollet (1905-1975) remporte les élections de décembre 1955. Sa première décision est de virer Soustelle. Il se rend à Alger et est décrié par les Français d’Algérie car la Tunisie venait d’obtenir son indépendance. On est 1956. On lui jette des tomates et tout genre de projectiles. On hurle « l’Algérie française, l’Algérie française ». Il entre à Paris et nomme un nouveau gouverneur pour l’Algérie. Robert Lacoste (1898-1989), ancien résistant et membre du parti socialiste qui aura des pouvoirs spéciaux qui donnera carte blanche à l’armée coloniale pour mater la rébellion, voir écraser définitivement l’ALN. Pour cela les militaires découpent le pays en trois zones; la première zone est la zone d’opération car c’est là où se cachent les rebelles et vont être traqués par des ratissages. La deuxième zone est la zone de pacification c’est à dire que les militaires arment la population pour se défendre contre l’ALN (les harkis). Lacoste n’avait pas compris que l’ordre du monde avait changé et la troisième zone est la zone interdite. Des villages entiers sont vidés de leur population et totalement rasés. Le but est évidemment de couper l’ALN de toutes ses bases arrières et la consigne est d’exécuter la moindre personne s’y trouvant encore sur les lieux. Deux millions de paysans sont déplacés vers des camps de regroupements notamment à l’Est du pays. Commencent alors un exode de centaines de milliers de personnes vers la Tunisie. Les camps de réfugiés font leur apparition et c’est rapidement la famine qui décime des milliers de familles entières. Face à cette tragédie humanitaire, la croix rouge décide d’intervenir. Grace ou à cause de cela, la guerre d’Algérie s’internationalise de plus en plus et la France est montré du doigt. Politiquement elle est en train de perdre la guerre.

Il ne faut pas oublier une dernière zone qui n’apparait jamais dans les « mouvements d’Algérie »: le Sahara. Ce territoire intéresse hautement les autorités françaises. On y découvre effectivement l’or noir, le pétrole et le gaz. Un gigantesque gisement à Hassi Messaoud est découvert ce qui va redistribuer les cartes du conflit. Pas question pour les Français d’accorder une quelconque indépendance au pays. Pour assurer le quadrillage du pays il faut plus d’hommes. Mollet prend une décision lourde de conséquences. Il engage les appelés au conflit et porte le service militaire à 28 mois, du jamais vu depuis la mobilisation de 1939.                  475 000 soldats seront présents en Algérie pour écraser l’ALN. A leur retour, la plupart des appelés seront traumatisés.

Mollet avait promis la paix mais il se rend compte qu’il a plongé le pays dans la guerre totale. L’ALN tend des embuscades partout et les jeunes Français tombent comme des mouches. En France c’est l’indignation. En tant que ministre de la justice, c’est à nouveau Mitterrand qui se retrouve en première ligne pour essayer d’anéantir l’ALN car il prend de plus en plus de terrain et politiquement et militairement. Des milliers d’algériens sont emprisonnés et condamnés, il se montrera inflexible; tous les condamnés à mort seront exécutés. Il refuse les grâces même pour ceux où il n’y aucune preuve. Un vrai revanchard et la guillotine deviendra une arme de guerre. Le FLN se doit de répondre. le 20 août 1956, en Kabylie, se réunissent les chefs pour unifier tous les courants du pays. Ils annoncent la création du conseil national de la révolution algérienne (CNRA). Il sera l’unique interlocuteur des futurs négociations pour l’indépendance. Intellectuellement et psychologiquement c’est très bien joué car il signifie aux Français que l’issu de la victoire ne fait aucun doute. En 1957, et en secret, Guy Mollet entame des pourparlers avec le FLN. Pour torpiller ces négociations, certains officiers français décident d’une opération spectaculaire; le premier détournement d’avion de l’histoire ou se trouvent à l’intérieur certains leaders du FLN. Les négociations sont interrompus. Le pouvoir politique se déplace du coup à Alger. Bientôt l’effondrement de la VI ème République.

Mais il y a un autre problème géopolitique en Afrique; le canal de Suez. Pour reprendre la main politiquement, Mollet, avec ses alliés anglais et israéliens, décide alors de faire la guerre au colonel Nasser. Ils veulent l’éliminer car il est un soutien inconditionnel de l’Algérie. L’URSS entre alors en jeux et menace toutes les communautés occidentales d’une guerre de « cristallisation » si ils ne se retirent pas d’Egypte. L’ordre est donné aux trois pays de se retirer. C’est un fiasco politique pour la France. De plus les pays en question ont été condamnés à l’ONU et pour la seconde fois, la question algérienne est à l’ordre du jour. La France se retrouve isolée. Les américains et les russes ne veulent plus de cette guerre et pourtant en Algérie, les Français continuent de parader. L’armée accueille son nouveau chef comme un consul, le général Salan (1899-1984), le militaire le plus décoré de France et l’une des grandes figure de la guerre d’Indochine. Il est stratège de la guerre subversive et ne tolère aucune contestation. Les Français mettent désormais tous les moyens pour abattre l’ALN. L’objectif de Salan est d’écraser une fois pour toute le FLN sur le terrain militaire. Et pour cela, il ferme totalement le pays en mettant un étau , des barrières et des mines aux frontières; plus de 3 000 000. Avec le Maroc et la Tunisie, les frontières sont totalement électrifiées. Les passages des rebelles deviennent plus complexes. Ces passages permettaient l’acheminement des armes. En mer, c’est la marine qui surveille toute la côte algérienne. Le pays est totalement hermétique. L’ALN ne reçoit quasiment plus d’armes. Elle doit donc développer une autre stratégie pour lutter. Le FLN décide alors de se replier sur les grandes métropoles et notamment à Alger pour poursuive le combat. Ce sera une autre guerre qui commence, celui du chat et de la souris. C’est maintenant à Alger que tout va se passer.

Face aux premières victimes, l’on nomme le général Massu (1908-2002) à qui on lui attribue les pouvoirs de police pour maintenir l’ordre. Il s’agira d’une grave décision, c’est le début de la torture à la chaine pour extorquer des informations mais immédiatement après sa nomination, trois explosions ravagent trois cafés fréquentés par les européens; 57 morts. Alger est en panique. Les Français d’Algérie se demandent ce que l’armée fait. Le FLN continue son combat et lance un appel à la grève générale. La population entend cet appel et Alger ressemble à une ville morte durant deux jours seulement parce que l’armée française reçoit l’ordre de briser la grève car celle-ci ne doit pas être visible. Personne ne doit savoir que le FLN est soutenu par la population. Ils ouvrent donc de force les rideaux des magasins. Massu déploie les parachutistes partout dans la ville. Il la quadrille, fiche, contrôle et fouille tous les passants avec une attention particulière pour les femmes; elles aussi ont intégré la lutte.

C’est dans la « Casbah », où se cachent la plupart des résistants du FLN, que la répression est  la plus vigoureuse. Il fouillent maisons par maisons, ils ratissent tous les coins et à défaut d’être coupable, tout le monde est suspect. Commencent alors les déportations vers des villas cachées au quatre coins d’Alger pour les tortures, on parle de zones de transits et de triages. On rafle à tout va des hommes et des femmes en âge de combattre. L’usage de la torture et des exécutions sommaires provoquent un choc au sein des appelés. La torture se généralise maintenant sur tout le territoire. A Constantine,  un nouveau préfet est nommé, Maurice Papon (1910-2007), ancien fonctionnaire de Vichy. Le message est clair, les algériens vont passer de mauvais quarts d’heures. C’est le cas, il couvre toutes les exactions.

Le 14 juillet 1958, Massu et ses soldats paradent triomphalement aux Champs Elysées. Tout le monde politique sait ce qui se passe mais couvre les agissements des militaires car, en réalité, les résultats sont là. Le nombre d’attentats a chutés de plus de 60% en une année. Malgré ces améliorations, les attaques continuent et les arrestations s’enchainent. Il s’agit maintenant de maintenir une psychose à défaut d’une destruction massive. La vérité aussi est que les chefs du FLN tombent et les réseaux sont détruits. Des milliers d’algériens ont été arrêtés et plus de 5000 d’entre eux sont portés disparus; on ne les retrouvera jamais. Un véritable crime de guerre. La bataille d’Alger est terminée au prix d’une grave crise morale pour un pays qui revendique le statut de la nation des droits de l’homme. Attention, la guerre n’est pas finie pour autant.

Une guerre fratricide est en train d’avoir lieu en même temps que celle qui est menée contre la France. Le FLN contre le rival nationaliste le Mouvement Nationaliste Algérien (MNA) dirigé par Messali Hadj. Le but est bien évidemment d’obtenir l’hégémonie politique. Le FLN veut être l’unique interlocuteur de la France et pour cela il se montre impitoyable. Le 28 mai 1957, une unité de l’ALN massacre 374 habitants du village de Mélouza, à la charnière entre la Kabylie et Constantine. Ils étaient considérés comme des sympathisants au MNA. Profitant de cette situation, les autorités françaises convoquent la presse internationale pour couvrir l’évènement. La tragédie devient du coup de la propagande. L’impact en France est immédiat. Des dizaines d’immigrés originaires de Mélouza rejoignent leur région. L’idée est simple. Il s’agit maintenant de diviser la nation. Ces immigrés choisissent de devenir des harkis pour venger leurs proches. Et là encore, la presse internationale est là pour commenter les évènements. Mais la propagande, le FLN l’utilise aussi de son côté car il a un besoin vital de reconstituer son armée. La fermeture des frontières a fait son effet, les hommes du Maroc et de Tunisie y sont restés constituant ainsi l’armée des frontières. Cette armée est parfaitement organisée, les hommes reçoivent une solde et des armes provenant d’Egypte et d’URSS, sans parler d’une formation politique complète et militaire solide. Ils mènent régulièrement des attaques meurtrières contre l’armée française aux frontières. Et les Français ripostent en bombardant des villages tunisiens ou marocains soupçonnés d’abriter les combattants du FLN. Pour le plus souvent, ce sont les civils qui trinquent. La Tunisie porte plainte contre la France et projette les images à l’ONU et toute la communauté internationale condamne. Les américains menacent d’armer le FLN si cela continue. Les russes, les arment déjà. Il faut mener une guerre diplomatique et politique avec vigueur pour le FLN. Il déploie toute son énergie pour avoir le maximum de soutien. Il va sans dire que c’est un véritable désastre pour l’image de la France car elle ne peut plus justifier d’une opération de maintien de l’ordre mais qu’il s’agit bel et bien d’une guerre. On parle de boycotter les produits Français; industriels et agricoles.

Les politiques Français se déchirent. La pression internationale est trop forte et en pleine tourmente, début 1958, la France n’a pas de gouvernement. La 4 ème République est en train de s’effondrer. Depuis sa retraite de Colombey, un homme observe l’évolution catastrophique de la politique française. Il s’agit de Charles de Gaulles (1890-1970) qui sent que l’heure est venue d’ intervenir avant que la France ne flanche face aux Etats-Unis et l’URSS comme lors de la guerre contre Nasser.

Le 13 mai 1958, une foule immense se regroupe à Alger pour rendre hommage à 4 Français assassinés par le FLN en scandant encore « Algérie française »; des débordements et le désir de se venger contre les populations musulmanes de la Casbah font craindre le pire. L’armée apparaît, à ce moment, comme la dernière autorité capable d’incarner le pouvoir. En effet, les européens d’Alger prennent le siège du gouvernement. Rien ne va plus. L’idée du FLN était aussi de diviser la France métropolitaine des Français d’Algérie pour les affaiblir politiquement. Et ca marche. La République se disloque peut à peut. Aucun gouvernement à Paris pour régler le problème. La voie est libre pour les militaires Français à Alger. Salan prend alors le pouvoir en Algérie en créant un Comité de Salut Public pour diriger le pays. A Paris, tout le monde panique, les députés essayent de stabiliser le pouvoir et nomment un nouveau premier ministre à la hâte. De l’autre côté de la Méditerranéen, l’armée confirme qu’elle a pris le pouvoir définitivement sur le pays. C’est bien évidemment un pouvoir sans aucune légalité. Entre temps la lutte continue côté du FLN et de l’ALN. Des attentats, il y en a tous les jours. Pour le FLN, il sera plus facile de combattre l’armée de l’envahisseur sans sa grande sœurs; la France.

Bon ca suffit, ca devient trop long, on ouvre une autre page…

15 août 2017 ~ 0 Commentaire

La guerre de libération (1954-1962)

 

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INTRODUCTION

 

Les droits de l’homme, car c’est de cela dont il s’agit, n’a jamais été une conception de l’homme moderne occidental comme on tendrait à le croire. Il s’agit d’un long cheminement.

Des écrits de l’antiquité démontrent que des lois peuvent être considérées en soi comme une première conquête pour protéger l’individu contre l’arbitraire du pouvoir. Le code d’Hammourabi en 1700 avant J.C. Bien avant, Moïse remet au peuple juif les « tables de la lois ». Le Christ va privilégier « la créature humaine » sans exception ni distinction au nom de la conscience individuelle et le Coran affirme pour sa part que « l’être humain est la créature qui mérite un respect inconditionnel ». Sans parler, bien évidemment des religions d’Asie et d’Amérique. Ce ne sera qu’en 1948 que l’Assemblée Générale des Nations-Unies proclame à Paris « la déclaration universelle des droits de l’homme ». A l’issu de la seconde guerre mondiale et face aux actes commis par le nazisme, « la conscience humaine » débouche sur la volonté des relations internationales selon des principes de droits humains afin que plus jamais « les forces du mal » ne refassent surface.

Les doits de l’Homme ont été maintes fois violés depuis cette date, et partout dans le monde.

Peu de pays, dans l’histoire, ont portés autant d’espoirs que l’Algérie. Au lendemain de la guerre de libération, la révolution algérienne prend place parmi les grandes révolutions de l’histoire. La communauté internationale salut ce mouvement farouche pour la liberté, l’indépendance. En 1962, le nouvel Etat constitue un modèle de développement et devient un des leaders du tiers monde.  Le pays est non-aligné et sa voix s’élève avec une autorité exceptionnelle dans les instances internationales. Le monde observe avec sympathie les premiers actes des gouvernants algériens. Mais 50 après, que reste-t-il de ces engouements? La désillusion économique et la maladresse politique ont pris place dans une société désorganisée et en pleine déconfiture.

La désillusion; une économie peu porteuse de solutions dans un système mondialisé où l’abstraction de l’individu est nécessaire pour son fonctionnement. Le système socialiste est voué à l’échec.

La tristesse; « Une politique pure », menée par l’armée et la diplomatie qui occultent la vérité, et où le contraire de cette vérité fonctionne parfaitement en établissant des règles de neutralisations de l’Etat Major de l’armée au gouvernement.

Pour comprendre la complexité de l’évolution de la guerre d’Algérie, Il faudrait revenir en arrière. Le régime n’a jamais été imposé. Au contraire, au nom de l’agression occidentale, le pouvoir algérien fut accepté, voir souhaité.

Expliquons d’abords les différents rouages des institutions politique, social et militaire de l’Etat algérien d’aujourd’hui.

Il est difficile d’imaginer, après l’indépendance du pays en 1962, que l’Etat fut illégitime. Au sortir de la guerre, les armées de l’extérieure basées aux frontières, en Tunisie et au Maroc (l’armée des frontières par opposition aux combattants de l’intérieur), entrent en force. Sa légitimité ne fait aucun doute. Le pouvoir algérien se constitue d’abords à travers un bureau politique qui est constitué par Ben Bella (1916-2012 :premier président algérien de 1962 à 1965) à Tlemcen où il trouve son essence et construit sa toile. Toutefois, de quoi le pouvoir algérien est constitué?

LE POUVOIR MILITAIRE

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L’armée algérienne est un véritable pouvoir de l’ombre. Le premier constat de l’Algérie socialiste est que sur 50 ans d’indépendance , 47 ans ont passé sous la direction militaire (Boumediène 1932-1978, Chadli 1929-2012, Nezzar 1937, Zéroual 1941 et Bouteflika 1937). Cependant, au delà de ce constat, il est difficile de définir les mécanismes réels de décisions. Bien sur, l’essence militaire réside dans le haut commandement de l’armée et le vrai pouvoir est partagé par une poignée de hauts gradés, qu’il s’agisse de l’armée ou des services de renseignements cultivant le secret et l’intrigue. Dans tous les cas, les décisions importantes ne se font qu’avec l’agrément des militaires

Pourtant, dans ce jeu de rôle, l’armée a toujours désiré prendre l’apparence d’être soumise à l’autorité civile. Et sous cette apparence, le parti unique de l’époque, le FLN (Front de Libération Nationale) gère, au jour le jour, le fonctionnement de ce système. Il sera plus tard, en 1988 lors des émeutes du 5 octobre, un fusible efficace sans pour autant perdre son rôle de gestionnaire aujourd’hui.

L’armée prend ses racines avant même l’indépendance du pays en éliminant un des plus éminent personnages appartenant au FLN; Abane Ramdane (1920-1957. Tête pensante du FLN. Il paie de sa vie la volonté d’imposer « la primauté du politique sur le militaire »). Il meurt étranglé au Maroc. Ce crime, premier en son genre contre l’intérêt suprême du pays, marque le début de la primauté du militaire sur le politique. Tout le monde s’incline sauf en Kabylie avec comme autre leader du FLN, Aït-Ahmed (1926-2015), qui mènera une lutte armée en 1963 contre le nouveau pouvoir. Il sera capturé et emprisonné. Le régime avait détourné ce problème en manipulant le peuple par un autre problème, celui de la frontière algéro-marocaine (la guerre des sables 25 septembre 1963- octobre 1963) et du Sahara Occidental.

L’armée des frontières, évaluée à près de 40 000 hommes, est autonome et n’a subit que des pertes mineures contrairement à l’armée de l’intérieure qui était quasiment détruite par la grande opération militaire française du nom de « Plan Challe » en 1961 qui consistait à éliminer un maximum de combattants avant les accords d’Evian (18 mars 1962); son auteur  étant le général Challe (1905-1979). En 1962, Boumediène, alors chef d’état-major de l’armée de l’extérieur, entre avec ses chars égyptiens et porte Ben Bella au pouvoir. A partir du 5 juillet 1962, toutes les tentatives subversionistes vont se heurter au pouvoir militaire. Depuis, ce dernier ne cessera de s’identifier à l’histoire et, plus encore, à vouloir s’attribuer la légitimité historique des combats contre le pouvoir colonial. Il va se donner une identité en s’attribuant la symbolique, qu’elle soit sociologique, politique, institutionnelle et révolutionnaire. Cette symbolique deviendra presque religieuse. Le nouvel Etat, pour l’algérien moyen, se définit comme un « Léviathan » qui décide de tout et de n’importe quoi: On ne peut y faire face. L’armée apparaît alors comme une source d’énergie incontournable. Une structure au delà de toute volonté dont sa légitimité sera renforcée par la reconnaissance des autres puissances.  

Après la mort de Boumediène, la structure militaire change dans son état-major. Il y aura un partage du haut commandement. Le statut présidentiel de Boumediène lui conférait une certaine autorité. Après sa mort, une nouvelle règle militaire se dessine. La personne à venir doit obéir à seule loi, d’une tendance pré-établie par les militaires: « le moins gênant parmi les plus anciens dans le grade le plus élevé ». Ce sera le colonel Chadli Bendjedid. Il y là à travers cet objectif un partage sans équivoque de la hiérarchie militaire. Dans cette hiérarchie, il existe deux blocs. D’une part les officiers francophones ayant été formés en Occident notamment en France et, d’autre part, les officiers arabophones ayant suivi la formation armée dans les pays du Golf et surtout en Egypte et dont il faut rappeler que les officiers eux-mêmes ont été formés en Occident. Chadli représente alors l’équilibre de ces deux blocs.

Cette ligne de partage se concrétise réellement en janvier 1992 par l’arrêt brutal des élections législatives et par la destitution du président de la république; Chadli. Cela a mis en évidence le rapport de force entre les deux blocs. Les arabophones l’ayant remportés. Toutefois en 1997, le démission surprise du président général Zéroual s’est traduite par l’effondrement du bloc arabophone au profit des francophones représentés par le chef d’état-major le général  Mohamed Lamari (1939-2012).  Il faut tout de même préciser qu’au delà de ce partage du haut commandement, la stratégie militaire n’a en rien changé. La première devise de l’armée est de maintenir une union solide face à un seul et véritable ennemi; on parle ici de la déstabilisation du système. Cette déstabilisation peut surgir de n’importe où, qu’elle soit de l’extérieure ou de l’intérieure.  

LES SERVICES SECRETS SM (Sécurité Militaire)

Comme tout système fabriqué dans l’ombre, il lui appartient de créer une police politique efficace et redoutée. Cette police est évidemment un service de renseignement. Au fil du temps, la Sécurité Militaire est devenue le bras armé clandestin du régime. En effet, le doute persiste quant à l’assassinat en direct à la télévision, en 1992, du président du HCE (Haut Comité d’Etat)  Mohamed Boudiaf (1919-1992), autre figure historique du FLN. Le Haut Comité d’Etat fut créé pour remplacer le président démissionnaire Chadli. L’enquête n’as jamais aboutie.

Ce service, dissout aujourd’hui mais fonctionnant sous un autre nom (DRS), a été organisé selon le modèle du KGB (service secret russe). En dehors du secteur des hydrocarbures et de l’armée, elle demeure la seule institution qui fonctionne vraiment. Son pouvoir si vaste va jusqu’à influer sur les évènements. La SM quadrille toute la société en nommant nombre de hauts fonctionnaires. Elle est infiltrée dans les médias, la police, les entreprises d’Etat ou privées, les différents partis politiques et surtout les groupes islamiques armés. Rien ne lui échappe. Elle est aussi soupçonnée de monter des coups tordus (vous me direz que tous les services de ce genre dans le monde font la même chose, ce qui est vrai) en désinformant, manipulant l’opinion et les présidents à coups de rapports volontairement erronés et faussement alarmistes. Même si la SM dépend formellement de l’armée, l’état de guerre des années 1990 lui a permis d’étendre son champs d’action au point qu’on ne sait, de nos jours, qui contrôle réellement qui. Son génie le plus remarqué est la destruction des groupes islamiques armés en les infiltrant. On y reviendra plus tard, après la guerre de libération.

 

LES MANNES PROVIDENTIELLES: LE PETROLE ET LE GAZ

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Le fonctionnement d’un tel système demande des moyens financiers lourds. En l’occurrence pour l’Algérie et dans la mise en pratique de la pensée unique du FLN, le pétrole se révèle être un don du ciel même si il n’a pas été simple de nationaliser et surtout de rationaliser les ressources naturelles du sol. La grande aventure des hydrocarbures débute en 1956 avec la découverte des premiers gisements sahariens, en pleine guerre car la seconde guerre mondiale et la nécessité d’assurer un approvisionnement énergétique a poussé la France à créer le BRP (Bureau de recherches pétroliers). Elle envoie alors une mission dans le sud algérien en 1947.

A partir de 1956, l’exploitation pétrolière connaît un développement rapide: découverte du gisement de gaz de Berga, des gisements pétroliers d’Edjeleh, Zarzaïtine, de l’exceptionnelle nappe d’or d’Hassi Messaoud, du gisement gazier, tout aussi exceptionnel d’Hassi R’mel sans parler des réalisations de deux oléoducs Est et Ouest. La France était sûre de garder, au pire, le Sahara pour investir autant. Il faut attendre 1958 pour voir la reconnaissance de l’énorme intérêt du Sud algérien. « Le plan de Constantine » (valorisation du sud algérien au profit de la France, discours de De Gaulle (1890-1970) à Constantine au plus fort de la guerre) prévoyait l’adduction en gaz du Nord de l’Algérie pour les industries des colons et, surtout, l’exportation vers la France par gazoduc transméditerranéen. A ce moment, les planificateurs et politiciens feignaient d’ignorer la lutte nationaliste. Il étaient sûrs de garder le Sud. Mais les accords d’Evian reconnaitront la souveraineté de l’Algérie sur le Sahara.

Le nouvel Etat devient, certes, présent dans l’organisation saharien pour la mise en valeur du sous-sol mais il faut bien comprendre une donnée essentielle. Au sortir de la guerre, sur 9 millions d’algériens, il n’ y a que 27 doctorants. Les colons n’ont jamais voulu instruire le peuple; d’où la difficulté. L’Algérie doit donc se contenter d’un rôle de fournisseur et de percepteur d’impôts. Le pays ne reçois que le tiers de la valeur de son or noir pendant des années. Consciente de cette tragédie, l’Algérie entame, dès 1963, une véritable marche pour le contrôle total des richesses de son sous-sol. Le 31 décembre de la même année amène à la création de la SONATRACH (Société Nationale des Transports et de la Commercialisation des Hydrocarbures). Promue opérateur, la SONATRACH voit, à partir de 1966, son rôle élargi à la recherche. Il n’ y a pas de mystère, l’Union Soviétique offre de former les jeunes diplômés algériens dans leurs universités pour acquérir leur indépendance financière. En 1970, la jeune compagnie est déjà capable de mettre à l’étude de nouvelles canalisations; une raffinerie et crées plusieurs sociétés mixtes avec des entreprises étrangères spécialisées dans la recherche et les services pétroliers. Bien que qu’elle développe ses activités de recherche, la SONATRACH reste un producteur modeste comparé aux sociétés étrangères opérant en Algérie. Les volumes s’accroissent peu à peu mais le pays n’en profite pas vraiment. L’Algérie mène alors une politique agressive et profite d’une superbe occasion. Par rétorsion, elle nationalise les sociétés américaines car les USA fournissent un appui à Israël en 1967. Les compagnies françaises et anglaises suivront. Elle récupère ainsi le monopole de l’extraction et de la distribution. Après cet acte, le pays consacre tous ses efforts à la mise en valeur de ses ressources. Le secteur de l’énergie et de la pétrochimie bénéficient d’investissements importants et confirme son rôle clef dans le développement du pays. Cette politique mènera malheureusement à compenser la faiblesse de la production agricole par des importations massives de blé, d’huile, de sucre, de café, de fruits etc..(des milliards d’euros) sans parler bien sur des importations d’armes qui nous coutent…Ne pas oublier que le pays a été empêché de s’instruire. Donc, effectivement, il n’avait pas le choix que de profiter de ce don.

Voilà, vous connaissez plus ou moins (faut toujours développer) le noyau dur de l’Algérie moderne. On va maintenant s’intéresser à la guerre d’indépendance en elle-même. Pourquoi elle a été nécessaire et, je pense philosophiquement et comme diraient les vietnamiens, pourquoi s’attacher à une illusion (pour les Français).

27 juillet 2017 ~ 4 Commentaires

LE CAS ALGERIE

 

Tamazgha

INTRODUCTION

On veut souvent nous faire croire que l’Algérie n’existe que depuis l’avènement de l’Islam c’est -à-dire au VII eme siècle. Faux. Des milliers de siècles avant J.C, l’Afrique du Nord connaît maintes civilisations. J’aimerais dire depuis le Big Bang (je rigole). L’Algérie a été peuplée dès l’aube des temps. Les vestiges de la présence humaine remonte à 400 000 ans. On peut voir les peintures rupestres notamment dans le Hoggar. On dit que certains premiers rois d’Egypte antique furent des berbères (à voir, je vérifierai). 

Je vais faire un bref retour de notre histoire. Je parlerai à partir de la période NUMIDE jusqu’en 1954, début de la guerre de libération. A partir de 1954, j’approfondirai le sujet jusqu’à nos jours. Pourquoi cela ? Il s’agit simplement de préciser que l’Algérie existe depuis des siècles, bien avant les religions monothéistes.

Pour bien commencer cet exposé, il faudra d’abord définir certaines notions.

NUMIDIE : Royaume d’Afrique du Nord, actuellement Algérie qui s’étendait du Rif Marocain au frontière de Carthage, divisé en deux provinces ; Syphax et Gaïa et dont la capitale fut Cirta  (actuel Constantine).

BERBERE : En berbère cela se dit IMAZIGHEN qui veut dire « Hommes libres »

TAMAZIGHT : Il s’agit de la langue parlée des Nord Africains, en vérité le vrai terme est leTifinagh qui est toujours parlé par les Touaregs. C’est actuellement la plus vieille langue vivante du monde utilisée. Il y a deux alphabets ; le Tifinagh et le Latin.

Hoggar : Territoire montagneux du sud Algérien dont les massifs s’élève à 2985 m au cœur du Sahara.

Les trois guerres PUNIQUES : Guerres d’Afrique du Nord contre Rome: 1ere guerre (264 à 241 av J.C) – 2ème guerre ( 218 à 201 av J.C) – 3ème guerre (149 à 146 av J.C)

Principaux rois Numides : Syphax (250-202 av J.C), Gaïa (mort en 206 av J.C), Massinissa I(238-148 av J.C), Massinissa II, Mastanabal (mort 140 av J.C) Micipca ( mort en 118 av J.C), Juba I (81-47 av J.C), Juba II (52-23 av J.C), Adherbal (mort 112 av J.C), Hiempsal (mort 118 av J.C), Jugurtha (160-104 av J.C) et Gauda (? régna de 105 à 88 av J.C).

Une des plus grandes énigmes de l’histoire d’Afrique du Nord est la naissance de la NUMIDIE. On ne sait toujours pas à quelle période cette civilisation a vu le jour. Spontanément je pense. Mais son épopée restera toujours dans l’histoire humaine à travers le charisme de ses rois.

Massinissa fut le premier rois berbère de la tribu Massyle, produit de Gaïa son père, qui avait compris la nécessité d’unifier le territoire, aujourd’hui algérien. La famille Massinissa était riche et était des intellectuels. Ils reviennent tous des grandes assemblées romaines et grecques. Ils parlaient plusieurs langues, connaissaient tous les codes de l’occident et savaient comment se comporter chez eux. Son règne fut très long; 53 ans (203 à 148 av J.C). La Numidie, autrefois riche par son agriculture, envoyait toujours sa production en Europe, Rome et Grèce, et le roi estimait anormal que son peuple n’en profite pas. Etant le monarque, il établit des règles, comme le code d’Hammourabi à Babylone pour gérer les flux.

Mais il est plus connu pour deux raisons: d’abord, la capture et la victoire sur Syphax, rois des tribus Massaesyles des territoires de l’Ouest de la Numidie. Il sera envoyé à Rome en tant que prisonnier et mourra dans les cachots de la capitale italienne en 203 avant J.C. Puis par la destruction de Carthage.

Appien d’Alexandrie (Appianus, célèbre historien Grec) dit de lui: « il était beau dans sa jeunesse et de taille élevée. Il garda, jusqu’à l’âge le plus avancé, une étonnante vigueur. Il pouvait rester une journée entière debout ou à cheval; octogénaire, il sautait sur sa monture sans aucune aide et, comme les autres Numides, il dédaignait l’usage de la selle. Il bravait tête nue le froid et la pluie. À 88 ans, il commanda son armée dans une grande bataille contre les Carthaginois; le lendemain, Scipion Emilien (Scipion l’Africain) le trouva sur pied devant sa tente, tenant un morceau de galette sec qui constituait tout son repas« 

Il eut maintes épouses et plus de 50 enfants dont 43 garçons. Ses filles furent pour la plupart mariées à de nobles carthaginois. Les deux enfants les plus connus étaient Micipsa et Mastanabal. Massinissa, qui était un rude guerrier, encouragera la littérature et les arts, envoya ses enfants étudier en Grèce et reçut à sa cour de nombreux écrivains et artistes étrangers.

Une fois Syphax vaincu, Massinissa unifie l’Afrique du Nord (L’Afrique appartient aux africains dit-il) tout en maintenant un équilibre avec Rome qui était empêtrait avec Carthage car les carthaginois, une fois installé en Sicile avaient certainement l’intention de marcher sur Rome.

L’empereur Caracalla (188-217 av J.C) scella une alliance secrète avec Massinissa: « détruire Carthage et tout le territoire africain t’appartiendra sauf la Sicile ».

C’était clair pour lui qui voulait unifier tout le territoire du nord de l’Afrique. Si il combattit les Carthaginois, il ne dédaigna pas pour autant la civilisation carthaginoise, dont il sut tirer avantage. La langue punique fut d’usage dans la capitale Cirta où l’on parlait également, en plus du berbère, les langues grecque et latine.

Ayant sédentarisé les numides, il dota l’empire d’institutions et de lois. Il développa une armée puissante ( plus de 100 000 hommes, 7000 chevaux, plus de 300 éléphants) dont les généraux furent formés pour la plupart à Rome ou en Grèce. La capitale Cirta fut la première cité africaine illuminée la nuit. Il construisit des routes ( on dit jusqu’à 300 000 km, Rome 1 million de km). Il développa les domaines aussi variés que l’agriculture, l’hydraulique et la culture en terrasses. Il était interdit de sortir saoul, et les femmes avaient quasiment autant de droits que les hommes, surtout si elles étaient mariées et avaient des enfants. Bien évidemment il frappera une monnaie nationale, socle de l’unification économique de la Numidie. Monnaie acceptée dans tous les échanges économiques de la Méditerranée, de l’Hispanie (Iberia) en passant par la Mauritanie (actuel Maroc) jusqu’en Egypte. Le Royaume numide de Massinissa avait atteint un degré de développement exceptionnel sur les plans économique, social et culturel.

La puissance grandissante de Massinissa en Afrique inquiéta Rome, au point qu’en déclarant la guerre à Carthage en 149 avant J.-C, elle visait aussi Massinissa. Soit, ce dernier n’était pas dupe. Il pris les choses en main car il savait qu’une fois Carthage détruite, les romains allaient aisément s’installer en Tunisie actuelle du fait des énormes pertes de l’armée numide. Ce qui, par conséquence, sera un poste avancé pour Rome pour conquérir l’Afrique du Nord.

Développant alors une tactique et une stratégie de guerre hors du commun, Massinissa, allié à Hannibal (247-183 av J.C), va d’abord envahir toute l’Europe du sud grâce à sa cavalerie et à ses fantassins accompagnés des éléphants; d’Iberia (Actuel Espagne) aux Alpes en passant par la Gaule et les Pyrénées. L’idée était de prendre Rome à revers sur deux fronts, le nord et le sud, après la disparition de Carthage. Hannibal, à quelques 7 jours de marche de Rome, attendit des émissaires pour donner l’ordre d’attaquer. Mais 5 jours avant la dévastation de Carthage, Massinissa mourut de mort naturel, il n’assista jamais à sa victoire et la situation politique, c’est à dire la succession n’avait pas encore été réglé. Le malheureux Hannibal a du rebrousser chemin car aucun messager n’arriva.

La Numidie se divisa à nouveau. Trois prétendants au trône se disputaient la place; Hiempsal, Micipsa et Jugurtha. Ce dernier assassina ses deux demi-frères et s’empara du pouvoir.

Jugurtha est certainement le plus grand des rois berbères d’Afrique du nord. Petit fils de Massinissa, son idéal est l’unité comme pour son grand père voulait. Il est direct, Rome ne lui fait pas peur. Comme sa descendance, il est riche, très éduqué et formation militaire au Nord( en plus d’être beau gosse). Il a un idéal. Jamais rompre avec la nation.Il hérite d’un empire qui risque de lui échapper car les romains sont là. Il connaît les divisions entre berbères. Il propose à ses frères de devenir indépendant, faut pas oublier qu’il est illégitime dans la succession car il est fils d’une servante, il sait qu’il va se faire écarter. Son père l’envoie en Hispanie, justement pour le voir mourir là bas. Il revient victorieux. Il est un homme encore plus fort. Ses frères, pour lui, sont à la solde de Rome. Intolérable. « La Numidie est une », on parle de l’Algérie actuelle.

(j’ai oublié, pause je suis bourré)

Jugurtha est l’intelligence que toute la Kabyle n’a pas. Il pense à la place des autres.  Rome est là, c’est pour lui un ennui.

Micipsa est le rois à cette époque. Une fois revenu d’Hispanie, Jugurtha met en garde contre Rome, qui est aux portes de l’Algérie, Numidie. Ils sont en Tunisie. Rien n’y fait. Jugurtha ne tolère plus la présence romaine. Il prend une décision radicale. Il assassine ses frangins. Il prend le pouvoir. Il va mener une guerre sans pitié avec Rome. Car elle veut prendre la Numidie.

Ne pas oublier que c’est un rois richissime, cela va lui servir . »Rome est à vendre, j’achete « 

En résumé, l’Algérie n’a jamais été uni qu’en cette période précise, premier siècle avant J.C au premier siècle après J.C.

La question que tout le monde se pose est: l’Algérie est-elle arabe ou non? Non, l’Algérie n’est pas arabe comme l’ensemble de l’Afrique du Nord d’ailleurs. L’on parle ici de l’Egypte antique jusqu’aux îles Canaries. C’est un monde de la berbérité. Cette ensemble va demeurer berbère jusqu’au VIII ème siècle et qui va, dans le cadre de l’Algérie, rester berbère jusqu’aujourd’hui. Dès l’époque romaine, l’Algérie, à travers les frontières actuelles, n’est pas totalement romanisée. Elle l’est uniquement dans sa partie littorale et orientale, c’est à dire à l’Est.

En partie romanisée, l’Algérie est aussi en partie christianisée mais pas totalement non plus. Il n’y avait que 4 Evêchés sur 350 sur l’ensemble de l’Afrique du Nord; de l’Egypte au Maroc. Donc il s’agit d’une christianisation très superficielle. On veut nous faire croire que tous les berbères algériens furent des chrétiens. C’est faux et c’est ce qui va expliquer la suite des évènements car les zones romanisées et christianisées vont résister avant de se convertir à l’Islam, tandis que les autres, il n’y aura aucun problème pour la conversion. C’est important parce qu’il est à noter là qu’il y a plusieurs Algérie. Nous pourrions définir l’Algérie comme pluriel, géographiquement et socialement. Il y a beaucoup de différences d’Est en Ouest et du Nord au Sud. Par exemple, les berbères nomades du Sud vont facilement être islamisés puis devenir, en seconde langue, arabophones pour la simple raison que le mode de vie des bédouins du Moyen-Orient est quasiment le même. L’islamisation et l’arabisation va se produire de manière différente selon les régions.

Ce monde berbère est plus ou moins pénétré par la romanité et le christianisme. Il va connaître de nombreuses divisions fracturant la société berbère chrétienne de la partie centrale et orientale du pays. Le côté Ouest sera à moindre mesure touché. De ce fait, les chrétiens vont subir de nombreuses invasions. Les Vandales qui ne font que passer. Ils ne resteront pas longtemps. Mais cette invasion sera l’occasion pour les berbères de voir la renaissance de leur identité, notamment des Aurès et de Kabylie. Puis, arrivent les byzantins. Ces derniers vont essayer de recréer l’empire Numide, l’immensité impériale qu’avait construit Massinissa puis Jugurtha. Toutefois, ils font un très mauvais calcul. Ils vont trop rapidement vouloir rétablir l’empire tel qu’il existait à la fin du premier siècle. Les chefs berbères ne vont rien accepter et entreront en rébellion. Les byzantins auront alors à faire de longs combats. Il s’agira là de l’inexorable reconquête berbère.

Les berbères algériens reconquièrent donc leur territoire en chassant les byzantins en Tunisie mais, à partir de 647, débute le grand mouvement de conquête arabo-islamique. En réalité c’était égypto-berbéro-arabo-islamique parce que dans les premiers contingents qui arrivent en Tunisie actuelle (Ifriqiya) et à la frontière algérienne, il n’y avait quasiment pas d’arabes. La majorité ne sont que des égyptiens convertis à l’islamisme. Il ne faut pas oublier que l’Egypte était totalement christianisé (aujourd’hui quand on voit des manifestations de musulmans, il faut savoir que tous leurs ancêtres allaient à la messe, c’est marrant). S’ajoute à cela les berbères de Lybie. D’abord, la région de la cyrénaïque qui se convertie rapidement à l’Islam et qui va fournir les fantassins musulmans, ce qui explique pourquoi les premières attaques contre la Tunisie et l’Algérie ne vont pas entrainer le soulèvement des berbères de ces deux pays. Pour les algériens ils s’agit encore une fois d’une nouvelle religion comme celles du passé qui ne font encore et encore que passer. Ils ont vu passer tellement de religions et vu tellement de dissidences chrétiennes qu’une nouvelle religion ne va absolument pas les perturber. Ils laissent donc les byzantins se débrouiller.

Les byzantins n’abandonneront pas le terrain aussi facilement. Ils perdent des territoires mais les récupèrent juste après. Toutefois, le chef byzantin, Grégoire Le Patrice (595-647), va commettre une erreur en se portant devant l’envahisseur et il s’enferma dans ses remparts. Les musulmans et arabes n’avaient pas de matériels de siège et il lui tendent un piège. Ils font mine de se retirer. Grégoire sort pour les poursuivre et finalement tombe dans une embuscade. A partir de là, les byzantins sont vaincus et les soldats sont massacrés. La Tunisie tombe. C’est la première occupation des musulmans et arabes qui dure un an. Un an de galère pour les islamistes. Les tunisiens mènent des attaques récurrentes. Les musulmans, se retirent puis reviennent et ainsi de suite; deux trois quatre occupations se succèdent. A chaque fois le même schéma. Finalement, au bout de la cinquième opération les arabes réussissent à s’installer dans l’ancienne Carthage.

Les berbères algériens prennent alors le relais. Ceux des Aurès et de la Petite Kabylie qui vont résister à travers le célèbre chef Koceila (640-686) qui va mener la guerre sur le territoire tunisien avec les restes des forces byzantines encore existantes et qui va l’emporter en repoussant les arabes par deux fois vers la Lybie et l’Egypte. Les arabo-islamistes ne s’avouent pas vaincus pour autant. Ils envoient plus de troupes. Attention, il faudra 124 ans de combats pour les arabes pour conquérir le Maghreb. Koceila meurt, et la reine Kahina (664-701) prend la relève. (Véritable personnage historique, je vous renvoie à Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères). Elle mène les derniers combats mais perd la vie dans la partie Est de l’Algérie, à la frontière.

A ce moment là, il y a une grande période d’inconnus parce que personne ne sait ce qui s’est vraiment produit. Il y a juste un constat à faire. En très peu de temps, les populations se convertissent à l’Islam. On comprendra plus tard pourquoi.

On ne parle plus de chrétienté résiduelle, il n’y en a quasiment plus. L’idée générale qui apparaît est la suivante: toute la partie centrale et l’Ouest de l’Algérie jusqu’au Maroc se convertissent sans aucune résistance. Les seules résistances se produisent uniquement sur les Aurès et la Kabylie (petite et grande). Ce qui est intéressant ici c’est que les berbères de la partie ouest de l’Algérie et du Maroc vont sauver leur berbérité en se convertissant à l’Islam.

Je m’explique: Il s’agit là d’un point très intéressant et très important de l’histoire de l’Algérie. La religion musulmane ne sera pour ces berbères que l’habillage ethnique; par exemple les berbères du Rif, au Maroc, qui vont fournir la force de frappe pour envahir l’Espagne parce qu’il faut bien savoir que les arabes n’ont jamais envahis l’Espagne (voir études génétiques faites sur la population espagnole où l’on retrouve les descendants espagnols qui sont berbères), se convertissent uniquement pour obtenir du matériel militaire permettant de marcher sur l’Espagne. Les arabes n’arriveront en Espagne qu’au XIIII ème siècle, dans un second temps. Saragosse et Al Andalouse sont berbères. L’idée est que cette population ne se considère pas vaincus par les arabes donc ils ne sont pas « Dhimmi » c’est à dire citoyen non-musulman d’un Etat musulman. Les Dhimmi sont les juifs et les chrétiens qui sont sous protectorat de l’Etat musulman. Donc les berbères n’ont pas à être soumis aux lois de la dhimmitude car il s’agit d’une règle juridique pour les non-musulmans qui est très contraignante. Donc si il n y a pas de Dhimmi, il n’y a pas de trésor arabe, cela veut dire que les arabes ne toucheront jamais d’impôts du Maghreb. Mais les arabes insistent et exigent leur Dhimmi ‘impôt). A ce moment là, les berbères se soulèvent à nouveau mais cette fois en tant que berbères musulmans. Ils vont utiliser l’Islam contre l’arabité. Ils vont jouer le même jeu que les arabes c’est à dire qu’ils vont adopter les hérésies de la religion pour repousser les arabes et pour repousser la SOUNNA. Les berbères musulmans adoptent donc le Kharidjisme (branche de l’Islam). Un véritable jeu d’échec s’enclenche (sans jeu de mot). Ils sont convertis mais pas vaincus et l’Islam est très explicite là dessus: la nation ne doit pas être dirigée par la famille du prophète mais par le meilleur des musulmans quelque soit sa nationalité. Pour les califes c’est mortel, ils ne s’y attendaient pas. Au nom du Kharidjisme, tous les berbères d’Algérie se soulèvent et vont l’emporter sur la totalité du Maghreb jusqu’à Tripoli, en Libye. On entendra plus parler des arabes jusqu’au XIII ème siècle. Ce qui est marrant c’est que lorsque les arabes, une fois totalement rejetés, les berbères vont abandonner le Kharidjisme pour revenir à la Sounna. Ce qui montre bien, et ce qui passe avant tout, c’est le peuple. Le reste n’est qu’un habillage idéologique. L’Islam ne fut qu’un instrument pour sauver le peuple. Ce point est essentiel dans l’histoire de l’Algérie actuelle. En prenant le contrôle de tout l’Afrique du Nord, les berbères vont créer des royaumes en Algérie, au Maroc et en Tunisie.

Puis un phénomène spécifiquement algérien apparaît. Le problème du califat des Fatimides qui nait en petite Kabylie, chez les berbères Kutama (tribu de la petite Kabylie) qui sont les descendants de la cavalerie de Massinissa et Jugurtha (tout est lié). Ils vont s’associer au chiisme du Caire et vont conquérir l’ensemble du Maghreb puis l’Egypte. Le calife Bologhine Ibn Ziri s’installe au Caire et laisse derrière lui des gouverneurs, tous berbères bien sur, qui vont prendre par la suite leurs autonomies sur l’Egypte. Bologhine ibn Ziri n’a pas les moyens de les réduire.

Des siècles plus tard (1100), des bédouins de la péninsule arabique sortent de chez eux par milliers et au lieu de circuler du côté de la Palestine, de la Syrie et de la Mésopotamie comme d’habitude, cette fois ils passent par l’Egypte. Plutôt que de les arrêter, les descendants de Bologhine Ibn Ziri, c’est à dire les Fatimides, va les utiliser comme combattants pour aller punir Bejaïa et tous les gouverneurs algériens qui ont osé prendre leur indépendance. Entre temps un autre empire était nait en Afrique du Nord.

Ce sont donc ces arabes qui vont arriver dans l’Afrique du Nord en commençant par la Libye, qui est à ce moment là totalement berbère dans les années 1100. Ces tribus arabes s’installent d’abords en Cyrénaïque la partie orientale de la Libye. Ce qui explique pourquoi ces tribus s’estiment être les plus nobles de toutes celles de Libye car elles sont les premières à arriver et à y prendre position. Ce qui expliquera aussi la raison pour laquelle, 800 ans après, le premier rois de Libye sera issu de cette tribus la plus noble de Cyrénaïque, le rois Idriss Ier (1889-1983).

La deuxième vague de l’invasion arabe va s’installer en Tripolitaine. Ces deux alliances vont constamment se faire la guerre sauf pendant la période de Kadhafi (1942-2011) simplement parce qu’il épousera la fille du chef de la tribus Cyrénaïque afin d’unifier le pays.

La troisième vague arrive en Tunisie (Ifriqiya) et c’est à ce moment que les arabes vont s’insérer dans le jeu politique berbère. Les berbères n’arrêtant pas de se disputer entre eux, les arabes veulent en profiter. Il y a effectivement des dissensions entre chefs. Certains d’entre eux sont tentés d’intégrer les arabes dans leur armée. Les arabes vendent leurs services, et petit à petit ils vont s’imposer jusqu’au moment où, en 1151-1152, les berbères du centre (la Kabylie) c’est à dire l’empire Almohade (1103-1212) décident de les chasser. Ils passent à travers tout le Maghreb, arrive à Constantine et se heurte aux arabes. Rien à dire de plus qu’ls les écrasent. Les arabes sont totalement défais. A partir de cette date, les Almohades vont alors avoir un rôle historique considérable car au lieu de les repousser vers l’Est, ils décident de les faire entrer dans leur alliance militaire. Ca n’est pas par bonté ou quelque chose de ce genre. Il s’agit d’avoir le maximum de fidèles musulmans pour combattre la reconquête chrétienne de l’Espagne. C’est de le début des insurrections de l’autre coté du continent. Les berbères ont absolument besoin de guerriers pour faire face. Et très rapidement, les arabes sont assimilés, s’intègrent parfaitement dans le décor berbère et par la même occasion ils apportent leurs coutumes et traditions. Au fur et à mesure, leurs démographies, c’est à dire les naissances des tribus arabes se multiplient et pendant ce temps il y a une rétractation des naissances berbères (voir les statistiques françaises, en 1870 il y a encore 75% de berbérophones en Algérie, en 1945 plus que 40%).

En clair, les arabes n’ont jamais conquis l’Afrique du Nord, encore moins l’Espagne. Les berbères les y ont laissé entrer.

Entre temps, l’Espagne chrétienne mène à bien leur reconquête et en 1492, avec la chute de Grenade, les berbères musulmans se retirent de l’Europe.

Vient ensuite la période Turc (Ottoman) qui est très peu connue en Algérie et pourtant elle est aussi essentielle que les autres périodes pour comprendre le pays d’aujourd’hui. Pourquoi?

En Libye et en Tunisie, la présence Turcs a débouché sur des noyaux pré-nationaux mais pas en Algérie. L’on peut se poser la question de pourquoi en Algérie ce sentiment ne s’est pas développé. C’est simple. Nous sommes face à une réalité de frontière. Les turcs arrivent, au XVI ème siècle, dans leur grand projet est de prendre en tenaille la chrétienté. Par le Nord d’abords; les Balkans et la Mer Noir pour remonter en Europe centrale et au même moment ils passent au Sud par la Méditerranée afin d’ouvrir une brèche. Arrivés à Oran, ils sont stoppés par les Espagnols. Entre temps, effectivement les espagnols sont descendus dans le Sud et vont mener une guerre très dure contre les ottomans. Ces derniers ne trouvent pas la faille. Ils veulent donc  s’allier avec les berbères. Les berbères ne veulent rien savoir. Ils réussissent tout de même à avancer et, ce qui est extraordinaire, ils sont arrêtés exactement à la frontière d’aujourd’hui entre le Maroc et l’Algérie. Ils n’avanceront plus.

Dans les faits, le royaume du Maroc va s’allier avec les chrétiens d’Espagne contre les turcs à la seule condition de les aider à chasser les Maures dans le Sud, ce qui donnera naissance à la Mauritanie moderne. Ils étaient des millions en Espagne et les espagnols allaient les renvoyer au Maroc. Le pays aurait été submergé. C’était l’enjeux prioritaire, à cette époque pour les marocains. Cela va empêcher les turcs d’avancer et de prendre à revers les chrétiens en Europe. En Algérie, comme au temps des gaulois, les chefs berbères se font toujours la guerre. Elle sera considérée comme une frontière simplement, le pays était complètement divisé. Il faut savoir que les turcs, en Algérie, étaient tentés de rompre avec l’empire pour s’installer définitivement sur cette terre. Au-delà même du nationalisme, régnait le chaos contrairement à la Tunisie et à la Lybie. Les turcs étaient incapables de gérer et l’armée chrétienne côté Ouest et les berbères dans le pays. Ils décident simplement de s’installer sur la cote algérienne sans jamais essayer d’entrer dans le pays. Cela suffit à empêcher la création d’un noyaux pré-national algérien (c’est un problème). Même les brillantes cités de Bejaïa et de Tlemcen n’ont pas réussi à s’entendre pour créer le noyau nécessaire pour la construction d’un Etat et pourtant, elles étaient deux villes matrices et modernes pour leur époque. Cette hésitation « catastrophique » va faciliter la colonisation française.

On nous bassine tout le temps avec le geste maladroit du Dey d’Alger, Hussein (1764-1838), qui frappe avec son chasse mouche le consul de France pour expliquer l’invasion, puis la colonisation.

La réalité est toute autre. La France doit beaucoup d’argent à Alger pour le blé qui lui a été fourni durant des décennies. Louis Philipe (1773-1850), en pleine tourmente de la Restauration en France, fait face à des mouvements quasi ingérables. Comme nous pourrions le traduire, de nos jours, Trump va faire la guerre à la Corée du Nord pour faire diversion. Il s’est passé exactement la même chose. L’Algérie est le maillon faible de l’Afrique du Nord en cette période. Pas d’Etat, pas d’armée ni de lois, que des tribus. Certes, les frontières sont là mais tout le monde peut entrer et sortir à sa guise. C’est l’anarchie, aucun ordre. C’était la bonne occasion pour Louis Philipe.

Citation extraordinaire du15 janvier 1840 du maréchal Bugeaud (1784-1849):  » Tout  le monde sait que j’ai toujours considéré l’Algérie comme le plus funeste présent que la restauration ait faite à la révolution de juillet ».  Le maréchal est présenté comme le chantre de la colonisation de l’Algérie et pourtant il n’en était pas question pour lui. Il en était même opposé. Il explique pourquoi. Le territoire est vaste, les tribus, si elles se réunissent, nous perdront et si nous n’y mettons pas les moyens le prestige de la France en Europe s’effondrera. « Si on y va, pas question d’avoir uniquement des points d’appuis sur le littoral comme les turcs, mais rentrer dans le pays. »  Il demande tous les moyens nécessaires pour prendre le contrôle de l’Algérie. Mais, au fond Paris ne sait pas quoi faire de cette conquête. Les dirigeants se posent déjà la question; est-ce une bonne idée? 

Le pays n’est pas encore une nation et la France le sait parfaitement. Elle connaît les divisions.  Bugeaud était clair: ou nous repartons ou nous entrons. Ils on accosté à Sidi Fredj. Pour lui, il était impossible de garder quelques points. Militairement c’est intenable. La décision est prise à Paris, l’Algérie toute entière doit tomber. 

Lors de l’invasion, les Français se confrontent en premier à Abdel Kader (1808-1883) puis à El Mokrani (1815-1871).  Attention, il s’agit de deux révoltes totalement différentes. Dans l’histoire officielle de l’Algérie, une filiation est établit depuis la période romaine jusqu’au combattants du FLN en passant par Abdel Kader et El Mokrani. Ce qui est complètement débile et faux.

Abdel Kader n’a jamais été algérien. C’est un Idrisside, c’est à dire qu’il est apparenté aux tribus arabes marocaines( les frontières sont là, faut s’en souvenir) et il est descendant arabe. Il ne combat pas pour l’Algérie mais pour la Oumma. Il ne va pas attirer les Kabyles vers lui. Par deux fois, il va envoyer des délégations à Bejaïa et Sidi Rached et lors de la seconde visite, les chefs kabyles « présentent le couscous noir »: c’est une assiette avec des plombs. Cela veut clairement dire qu’ils ne marchent pas avec lui. Pourquoi? C’est simple; c’est l’histoire. Les tribus arabes de l’Ouest de l’Algérie, lors de l’implantation turc, étaient à leurs services. Ils ponctuaient les impôts souvent avec violence au profit de ces mêmes turcs. « On va se soulever pour toi, alors que tes ancêtres, étaient au service des turcs pour nous spoiler. »  

Abdel Kader, l’homme le plus fort d’Afrique du Nord ( c’est ironique), se fait bien acheter. Il abandonne son « noble combat » pour devenir ambassadeur de France à Damas, en Syrie (Je trouve ca génial, dans le sens que vous aurez compris).

Quand Mokrani va se soulever, Abdel Kader encore vivant et est en Syrie et ce dernier publie un document en dénonçant la rébellion de Kabylie. Il la condamne et soutient de tous ses vœux les troupes françaises. Donc, il y a d’un coté une révolte arabe et de l’autre ,nous avons une révolte kabyle. En réalité, le gros problème de l’Algérie va être le passage de l’administration militaire à l’administration civile qui date bien avant la chute de l’empire française. Ayant gagnée les élections, la gauche met en cause l’administration militaire de l’empereur. Sous couvert d’une espèce de démocratie, la gauche va mettre en place l’affaire de l’indigénat. Au fait c’est encore pire que les choix militaires de la France. Les algériens deviendront une population de seconde zone. La famille Mokrani n’accepte pas la nouvelle politique française alors que celle d’Abdel Kader est une révolte au nom de l’Islam contre les chrétiens. Deux visions totalement différentes. Nous en arrivons là à l’approche tragique de 1954-1962, guerre d’indépendance. Dans les années 1920-1930, le pays va vivre dans le mythe du centenaire. Il y aura deux Algérie. Celle des Français, qui vivent comme dans le sud de l’hexagone (prolongement méditerranéen dans le sud de la société européenne), et l’Algérie profonde où apparaissent l’intelligentsia avec deux grands mouvements; l’un nationaliste et laïque et l’autre religieux. Ces antagonismes datent depuis bien plus longtemps que la décennie noire que le pays a traversé dans années 1990.

21 juin 2017 ~ 0 Commentaire

Grandes catastrophes à travers l’histoire

Grandes catastrophes à travers l’histoire

INTRODUCTION

Je ne me permettrai nullement de donner des leçons concernant l’évolution de l’humanité depuis sa naissance. Je n’ai certainement pas la prétention de tout connaître. Issu du grec ancien, le terme de catastrophe signifie étymologiquement « retournement » ou « tournant ». Il fait également référence aux notions de « calamité, malheur, débâcle ». Aussi nous utilisons justement le mot catastrophe pour décrire un bouleversement désastreux (guerre par exemple), comme si nous vivions dans la sérénité la plus totale jusqu’à ce que le malheur ne s’abatte subitement sur nous, sans signe avant-coureur et au moment où nous nous y attendons le moins. Toutefois, notre réalité est tout autre. Depuis l’avènement des civilisations, nous devons apprendre à vivre constamment avec cette épée de Damoclès: mouvements sociaux, guerres, révolutions industrielles, révolution technologique, révolution verte, révolutions morales, artistiques… des changements sociaux tels qui se précipitent depuis la nuit des temps sur l’humanité impliquant les pires scénarios des pires fléaux cataclysmiques décrites dans tous les écrits religieux (à part peut-être le déluge de l’époque Babylonien si il a existé).

Ces mouvements non maîtrisés par l’homme et qui échappent à tout contrôle, ont dévasté des zones entières de la planète en exigeant leur lot de victimes. Et, pourtant, nous vivons encore tous sur le principe que l’horreur ne nous frappera jamais personnellement. C’est la seule solution que l’Homme a trouvé pour exister. Depuis la prétendue maîtrise de l’atome (bombe H), nous entrons de pleins pieds dans les nouvelles technologies lesquelles doivent nous offrir un confort de vie supérieur.

De nos jours, qui en profite franchement ? Avons-nous appris de l’Histoire ? Sommes-nous prêt au partage ? Prêt à prévoir l’effroyable ? La dévastation ? Ou le drame frappera de nouveau l’être humain dont le risque de nous couper le souffle définitivement cette fois-ci est réel ?

Il n’est pas évident de répondre sereinement et avec lucidité à ces simples interrogations. Pour connaître le présent et anticiper l’avenir, nous devons toujours nous référer au passé. Je propose donc un court retour à notre histoire contemporaine ; après la seconde (ou la deuxième) guerre mondiale.

I- L’EUROPE DETRUITE

Je ne vais pas revenir sur la guerre en elle-même et ses conséquences. Le constat est clair : l’Allemagne et quasiment tous les pays de l’Est détruits. L’Ouest sous le choc, sans parler de la folie humaine qui a brisé des millions d’êtres humains (pas question pour moi d’entrer dans le sujet de la guerre, car je ne suis pas spécialiste). Ayant vaincu le nazisme, les grandes puissances vont se mettre d’accord, en toute amitié (soi-disant), à Yalta pour un superbe partage du continent européen en février 1945. France, Angleterre, Russie et Etats-Unis. L’Europe a toujours été la proie de guerres en tous genres; tributaires, religieux, économiques et aujourd’hui d’influences. Lors de la prise de Berlin, les deux puissances dominatrices (Russie, USA) se sont précipités pour capturer les ingénieurs et ingénieries nazis. Le savoir technologique, mathématique et physique de ces derniers dépassaient, à cette époque, largement le savoir faire des pays tiers.

La course aux armements venait de débuter. Deux visions sociales vont s’affronter. Socialisme et capitalisme. Pour bien illustrer ces antagonismes, je voudrais prendre les exemples de Cuba puis de l’Algérie. Nous reviendrons plus tard sur l’Europe, son suivisme aveugle derrière les USA avec les destructions massives des peuples notamment des pays du Proche et Moyen Orient.

- LE CAS CUBAIN

cuba

Cuba est marqué depuis 500 ans par la misère et l’oppression mais, les cubains n’ont jamais renoncé à leur rêve de liberté. Depuis près d’un siècle, son histoire est fascinante: intrigues et révoltes. Après avoir chassé les espagnols en 1828, le pays a été occupé par les USA jusqu’à l’indépendance en 1902. A partir des années trente, l’industrie du tourisme prend son essor. Les américains adorent le climat et surtout la quasi gratuité des services que propose l’ile. En 1940, des élections libres ont lieu pour élire Batista (général- 1901-1973).

A ce moment précis, il n’est pas encore dictateur, mais pour la première fois un natif trône à la tête du nouvel Etat. Cuba est à peine à quelques kms des Etats-Unis et les multinationales américaines misent sur le sucre cubain. De ce fait, Roosevelt (1882-1945) reçoit en grandes pompes Batista et réciproquement, l’économie cubaine est stimulée à mort par la puissance des Etats-Unis.

Commence alors la corruption. Parmi ceux qui s’enrichissent, le président Batista est celui qui en profite le plus. La plupart des grands hôtels sont construits par la mafia américaine et les touristes se plaignent par la triche généralisée des casinos. Batista n’arrive pas à réguler et à gérer les exploitants. Il veut faire cesser les escroqueries et pour mettre de l’ordre il engage Meyer Lansky (1902-1983), célèbre parrain de la mafia américaine. Au début, payé uniquement pour qu’il n’y ait plus de triche dans les jeux, il deviendra propriétaire de dizaines de casinos avec la complicité du président. L’ile devient un paradis des jeux. Les profits sont énormes, la loi n’existe quasiment pas, et Cuba devient aussi le paradis du blanchiment d’argent et de la prostitution. L’ile de Cuba est le royaume de la corruption. Son mandat terminé, Batista se rend aux US, mais le pouvoir américain lance à cette période une chasse aux parrains de la mafia. Il revient chez lui pour en échapper.

En 1952, Il brigue à nouveau la présidence, le pays est en crise. Les cubains souffrent le martyr. La situation sociale est terrible mais surtout les conditions sanitaires tuent des milliers de personnes (Nous sommes en pleine guerre froide). Les américains étouffent ces informations (personne ne doit savoir), et laisse son ami Meyer Lansky tranquille. Ce dernier octroie des millions pour la campagne de Batista, en échange; l’ile ne doit surtout pas changer. L’issue des urnes est tellement incertain que Batista va entreprendre un renversement, grâce à ses fidèles au pouvoir. Personne ne va plus l’arrêter. La dictature est en marche. Toutes les lois pseudos démocratiques sont abrogées: arrestations et exécutions sommaires sont appliquées (les américains sont au courant de tout ca).

La police et services de renseignements sont renforcés. Toutes contestations ou regroupement se terminent dans le sang. Un état policier est né en place de la mafia. A ce moment, existe un personnage du nom de Fidel Castro(1926-2016), fils d’un riche producteur de cannes à sucre, qui suit ses études de droit dans l’ile. Il devient avocat et ouvre son cabinet. Il défend les pauvres. Il a un idéalisme et se bat pour la justice devant les tribunaux. Mais son échec est patent car il n’a jamais demandé d’honoraire. Son cabinet fait faillite. Et comme pour se relancer, Il se marie en 1948 avec la fille d’un milliardaire (Diaz-Balart 1926-2005), autre gros producteur de sucre).

Il grandit. Il constate cette injustice qui sévit dans l’île. En tant qu’avocat, il interpelle la justice en portant plainte contre le coup d’état illégal fomenté par Batista qui viole la constitution. Cette dernière rejette sa plainte. Tous les recours sont consommés. Fidel Castro appelle à la résistance armée. A ce moment là on ne le sait pas encore mais une nouvelle révolution démarre. Le jour du carnaval de 1953, Castro mène une attaque sur la deuxième base militaire du pays (Moncada) et c’est l’échec. Il se rend. Batista vient de remporter une victoire car les rebelles seraient anéantis. Ce que le pouvoir ne sait pas encore et ni Castro lui même, cette attaque est le signal qui réveille le peuple. Dans les faits et en réalité, c’est le point de départ de la révolution. Ni Castro, ni Batista ne savent que ce geste va entrainer un bouleversement. Arrêté, Fidèle Castro est jugé et condamné à 15 ans de prison avec ses compagnons et son frangin (aujourd’hui président Raul 1931). Mais il faut savoir que Castro reste toujours dans le sérail. Comme on dirait en Algérie un CHICHI. Donc on est bienveillant pour lui et sa famille, mais pas pour ses compagnons. Son épouse, fille Diaz-Balart ministre de l’économie de Batista, va le sortir des ennuis. 18 mois plus tard il est libéré mais exilé, il doit quitter le territoire.( Pour Batista ils sont révolutionnaires amateurs). Fort de son carma, en 1955, il crée son mouvement « 26 Juillet » (Macron c’est pas nouveau). Il se rend au Mexique. Le hasard fait bien les choses , il rencontre Che Guevara.

Che Guevara (1928-1967) a 27 ans lors de leur rencontre .Il est un théoricien, les idées fusent, mais comment les mettre en pratique? Raul, quoi qu’en en dise, il est là. il pense. Il est communiste comme le Che (réunion dans les pays de l’Est, bizarre comme si on pouvait y aller simplement: pas téléphoné tout ca?). Il s’est rendu à plusieurs reprises lors de rassemblements des jeunesses communistes en Europe de l’Est. Et lors d’un de ses voyages, Raul Castro est approché par un collaborateur de l’ambassade soviétique Nikolaï Leonov 1928, Directeur du département Amérique Latine, KGB), et au Mexique le KGB aide déjà le petit groupe de révolutionnaires cubains. Fidel Castro a pour objectif de rentrer à Cuba pour y déclencher la révolution. Le colonel Leonov, l’homme chargé des guérillas sud américaines au profit de l’URSS met en place une stratégie pour importer les armes dont les guerrièros ont besoin. Fidel Castro est persuadé que la majorité de la population se rangera derrière lui.

Mais contrairement au Ché et à Raul, il n’adhèrera pas à l’idéal communiste. Il se rend donc aux Etats-Unis pour obtenir des financements car l’armée de Batista compte tout de même plus de 35000 hommes en 1955, sans parler du soutien de son partenaire très puissant, les USA. Le courageux Castro ne se laisse surtout pas intimider. Le 26 novembre 1956, il entame la traversée du Mexique vers Cuba avec 70 hommes et armes. Après sept jours de navigation, ils arrivent dans le sud de l’île, à « Las Coloradas ». Ils débarquent, mais sont accueilli par l’armée de Batista sous un feu nourrit. 50 hommes sont tués mais pas les frères Castro ni Ché Guevara. Ils se réfugient dans les montagnes couvertes de forêts vierges. De là ils comptent lancer une nouvelle offensive. Les autorités cubaines croient que le groupe de rebelles a totalement été éliminé. Les Castros connaissent leurs faiblesses; pas assez d’hommes. Ils décident alors de déclencher une guerre médiatique, ils font venir un reporter du New York Times (Herbert Matthews 1900-1970). Ils se présentent à lui comme les « Robins des bois » qui se battent pour les plus démunis. Matthews en fait des héros et notamment l’accent est mis sur Fidel. Le monde découvre alors cette nouvelle révolution. Il décrit parfaitement la situation en expliquant que Fidel veut toujours rester l’ami des Etats-Unis. La légende de Castro vient de naître. Après la presse écrite, ils font venir les caméras. Et pour faire croire qu’il détiennent une armée nombreuse, les troupes sont mises en scène. Les 17 compagnons font des allers et retours pour faire croire aux journalistes à l’existence d’une grande armée. Les reporters jouent le jeu des révolutionnaires. Les années 1950 sont les débuts de la télévision, donc de la puissance de l’image. Fidel intègre très rapidement ce concept, l’ère de la médiatisation des sociétés modernes. Ainsi, il arrive à duper tout le monde. Dans la presse américaine, il se présente comme l’ami des Etats-Unis et à Cuba il les décrit comme des envahisseurs. Commence a lors le double jeu. Des deux cotés car déjà en 1958, les américains aussi jouent sur les deux tableaux, Castro vs Batista. L’URSS aide les Castro en leur fournissant de précieux renseignements sans parler des armes. Fidel est un grand opportuniste. Il prend tout. La révolution est maintenant lancée, et de part et d’autre on ne se fait aucun cadeau. L’armée de Batista et les guerrieros ne font aucun prisonnier. Une fois arrêtés les combattants sont sommairement exécutés. S’ajoute à cela les paysans massacrés par l’armée de Batista car soupçonnés d’offrir de l’aide aux révolutionnaires (très mauvais calcul). Les paysans se rallient de plus en plus aux révolutionnaires, ils leurs fournissent vivres et cachettes. Entre temps Fidel Castro accentue sa propagande en parfait anglais car il s’adresse au monde entier et non seulement aux cubains:

 » C’est très différent de se battre pour la liberté plutôt que contre elle. Tous les habitants de la Sierra Maestra sont avec nous. Nous avons déclenché une révolution. C’est pour ca qu’on endure avec fierté le froid, la pluie et la dure vie de la montagne. Ce n’est que le début. La dernière bataille aura lieu dans la capitale. Vous pouvez en être sûr ».

Nous parlerons de l’Algérie, car les premiers à inventer la guérilla (tactique de guerre),         c’est-à-dire combats cachés, rue par rue et au corps à corps date des années des guerres Puniques, plus précisément, le roi Jugurtha (160 av J-C- 104 av J-C) contre les Romains. La Numidie contre la grande puissance de Rome (2eme siècle avant J-C).

Batista est très détesté et de nombreux groupes entrent en clandestinité dans la capitale. Mais il reste encore l’homme fort du pays. Militairement il dépasse de loin les révolutionnaires et autres prétendants. Le truc c’est que ces groupes ne cessaient de grandir. La corruption était telle que Batista n’arrivait pas à endiguer ce fléau.  Plus son armée s’enlisait, plus les opposants s’engageaient. Vient aussi les soldes des soldats de Batista: mal payés alors que lui et son entourage étaient milliardaires. Pourquoi risquer ma vie pour rien et pour quelqu’un qui en profite. (L’idée est que rien n’a changé aujourd’hui, on y reviendra). Comment combattre un idéalisme ou plutôt un idéaliste?  » Si l’idée correspond à mes aspirations alors je n’ai besoin que d’un morceau de galette, un peu d’huile d’olive, de l’eau et je deviendrai un soldat, le meilleur » (Rahim Bounouh). Les idéalistes se mettent en ordre de marche. Les partisans de Ché Guevara créent la radio clandestine « rebelde » (rebelle)  qui devient le porte voix de la révolution. Les révolutionnaires et Fidel Castro deviennent des stars à Cuba. Toutes les émissions, surtout présentées par Guevara, ont pour conséquence un grossissement quasi sans limite des rangs de l’armée révolutionnaire.

En 1958, au printemps, des colonnes d’hommes étaient présent. 1959, on pouvait déjà parler d’armée, de plus structurés car les premiers officiers avaient été formés par l’URSS. Ils savaient ce qui devait être fait. Et le travail de la presse a des répercussions aux Etats-Unis, incroyable mais vrai, les populations américaines soutiennent les révolutionnaires. Ils prennent en considération les dires de Fidel Castro (Je pense que le crack de 1928 fut un vrai marquage des esprits). Batista était le petit enfant des institutions US, il perdait en popularité et surtout la population américaine ne voulait plus revivre les catastrophes d’hier. La guerre médiatique, Fidel l’a réussit et il déroule son plan.

Avec quelques centaines de combattants, ils se répartissent le sud de l’ile. Raul à l’Est, Fidel à l’Ouest et Guevara est en marche vers la Havane. Au même moment, Batista n’a plus le soutien des américains, tente sa dernière chance contre les rebelles (opération FF, fin de Fidel). En réalité il s’agissait de son espèce de garde républicaine qu’il envoie, c’est à dire et comme nous le voyons aujourd’hui dans les pays en « développement » (Irak, Syrie, Libye, Israël,  tous les pays du Moyen Orient, sans parler du Caucase et d’Asie) surarmée mais petite. Une espèce de dernière défense. Il faut compter tout de même 7000 soldats contre les révolutionnaires. Ce n’était pas rien et ils étaient encore convaincus de leur victoire. En réalité, Batista gagne la bataille du terrain, il est plus puissant. Mais comme la guerre d’Algérie car il y a similitude (Plan Challe en Algérie), médiatiquement et politiquement, Batista est nul. Une guerre est une guerre, tous les fronts sont permis ( pour moi sauf les gosses et les vieux).

Le Ché prend le contrôle d’une vingtaine de wagons emplies d’armes, destination les soldats de Batista au sud (on se croirait en las Haciendas de Zorro). « Radio rebelde » diffuse l’information. C’est le chaos. Les soldats de Batista désertent. Parfois ils rejoignent la forêt, parfois ils disparaissent. L’homme fort, Batista; il a trouvé plus opportuniste que lui, et il en est conscient. (rencontre Madame Mitterrand et Castro , – . Madame: on vous envoie des armes? Castro: La plus grosse des bombes c’est vous; Je n’ai besoin de rien d’autre.) Je le crois pour avoir serrer la main de Gorbatchev (1931) en exercice à  Prague dans notre résidence pour le 5 juillet, jour de fête nationale algérienne.

Revenons en 1959, Mitterrand (1916-1996), ministre de l’intérieur, décide l’élimination de toute résistance algérienne (on en reparlera) on est à Cuba là.

On reprend

Tout l’Est de l’ile est en guerre. Fidel et ses combattants marchent fièrement sur Santiago. Première ville qui tombe. L’armée de Batista s’est effondrée, non pas battue, mais elle a eu peur. L’air Batista est scellé. Il est lâché par les US et toutes les composantes autour, c’est à dire l’Amérique centrale. Mais à la Havane, des milliers d’hommes des forces de Batista sont sur le pied de guerre. On s’attend à un putsch des généraux ou une prise du pouvoir par un haut fonctionnaire pour mettre de l’ordre. Rien.

1959, autre personnage de haut rang, le commandant Cienfuegos (1932-1959) (cent feux) prend la Havane en 1959 avec seulement 300 combattants. L’armée de Batista capitule. Ils( Batista et les mafieux de l’ile) s’enfuient en emportant le maximum vers les US, à Miami. C’était le chaos.  Traversant toute l’ile, Castro arrive à la Havane le 8 janvier 1959. Triomphant. le soir même il se présente face à une foule immense, plus de 500 000 habitants de la capitale. A ce moment, Fidel Castro n’a pas de fonction officiel, il est juste un combattant parmi d’autres. Mais il est naturellement le chef.

A partir de là, il forme un gouvernement d’intellectuels. Il ne veut absolument pas de communistes. Le plus partisan anti communiste est CIENFUEGOS. Aux US, on se pose des questions sur ce jeune rebelle et son charisme car il a convaincu son peuple de renverser la dictature et surtout de s’attaquer à la corruption. Pour les américains, une énorme perte en terme d’influence dans le continent. L’idée que se faisaient les Etats-Unis sur Castro était que c’était un jeune rebelle qui avait renversé le dictateur corrompu mais pour autant ne voulait pas prendre le pouvoir en répétant à tout va qu’il n’avait rien avoir avec le communisme. C’est ainsi qu’il devient le héros populaire de Cuba. Imaginez l’impact aux US de ce jeune homme, plein de charisme. A ce stade, la bourgeoisie cubaine soutient Fidèle et son gouvernement. Même les touristes continuent d’affluer sur l’île.

En février 1959, six semaines seulement après l’arrivée de Castro au pouvoir, le paquebot allemand « MS BERLIN » fait son entrée dans le port de la capitale. Cela veut dire que l’occident est entrain de reconnaître la légitimité du nouveau pouvoir. A bord, se trouve une jeune femme de 19 ans ( Marita Lorenz 1939), c’est la fille du capitaine, qui deviendra par la suite sa maitresse. Elle fait visiter le bateau au leader, mais d’abord il fallait déposer les armes à la demande de celle-ci avant de pouvoir y accéder. Comme elle le dit elle-même, elle en est tombée amoureuse au premier regard. « J’avais l’estomac noué et mon cœur tambourinait ». Elle n’avait encore jamais eu de petit ami et sa raison lui recommandait que ce ne soit pas lui le premier. Toutefois, c’est le début d’une histoire d’amour passionnée. Le soir même le « MS BERLIN » quitte la Havane. Cette parenthèse sert à expliquer que le monde occidental avait accepté le nouveau pouvoir dans le concert des nations.

Ceci étant dit, Fidèle Castro met en place des tribunaux révolutionnaires pour épurer le pays des anciens partisans de Batista. Le peuple l’apprécient pour le moment, mais tout va changer lorsque les exécutions commencent. Les procès sont publics et souvent la justice tourne à la farce. Ce ne sont plus seulement les bourreaux de Batista qui sont envoyés à la mort, il suffisait d’une simple accusation pour être condamné (le temps des règlements de comptes), la justice devient expéditive. Che Guevara devient l’un des commandants chargé des basses besognes du nouveau régime. Certes, la majorité des exécutés étaient les sbires de l’ancien pouvoir, mais précisément personne ne sait de qui ils s’agissaient, on estime à 5000 hommes tués. Le 16 février 1959, Castro sort de l’ombre et devient premier ministre. Il cumule tous les pouvoirs et les élections ne sont pas à l’ordre du jour. Immédiatement, il lance des réformes et promulgue les réformes agraires.

Les grandes propriétés sont expropriées. Les riches cubains et américains sont les plus touchés ce qui fait réagir Washington qui proteste et menace l’île de sanctions tout en gelant les relations avec le nouvel état. Face à ces sombres perspectives, des milliers de cubains commencent à quitter le territoire en direction de la nouvelle terre, Miami. Mais en bon diplomate, Castro se rend dans la capitale américaine en avril 1959 pour rassurer les US. Il souhaite rencontrer le président Eisenhower(1890-1969) en présence de sa maitresse Marita Lorenz, mais ce dernier ne voulait pas le recevoir, il préférait jouer au golf. Castro était furieux. Son frère Raul l’appelle pour lui dire qu’il perdait son temps en se rendant dans les territoires américains. Une fois chez lui, Eisenhower lui envoie tout de même son vice président Richard Nixon (1913-1994). Lors de leur première rencontre, Nixon avait tout suite compris que Castro était un anti américains, pas encore communiste. Dans la foulée, Fidel nomme son frère au poste clef de ministre de la défense. Le pouvoir devenait de plus en plus familial. Il incarna avec son ministre de l’économie, Ché Guevara, l’aile communiste de la révolution. Cienfuegos est le chef d’état major de l’armée placé sous les ordres de Raul Castro. Cienfuegos était très apprécié du peuple et faisait donc de l’ombre à Fidel et cela le gênait profondément. Le 28 octobre 1959, Camilo Cienfuegos doit se rendre à la Havane en avion, il doit rencontrer Fidèle, et comme par miracle son avion n’est jamais arrivé. Rien n’est retrouvé, ni l’épave de l’avion ni le corps. Cuba est en deuil, mais les cubains ont des problèmes bien plus urgents à régler car il y a une énorme pénurie de produits de premières nécessités. Le pays doit trouver de nouveaux partenaires. Le premier est l’ennemi juré des Etats-Unis, l’URSS. Le 8 Février 1960, le ministre soviétique de l’économie Anastase Mikoyan (1895-1978) atterrit  à la Havane pour, officiellement, inaugurer une foire commerciale mais dans les coulisses les enjeux sont autres.

Ce sera le point de départ des relations entre l’Union soviétique et Cuba. L’URSS accorde un premier crédit de 100 millions de dollars qui va aider l’île à réorienter son  économie pour déboucher par la suite dans le système socialiste. Ce fut la fin de l’alignement de Cuba sur les US. Les américains sont catastrophés, et Nixon plaide pour une intervention militaire immédiate. C’est la seule solution, pense-t-il pour que l’île ne devienne un avant-poste de l’Union Soviétique, mais Eisenhower s’oppose à une confrontation directe. Il finance plutôt les anticastristes situés au Guatemala pour un éventuel débarquement. Plus de 2000 exilés cubains se portent volontaires et sont formés par la CIA. Certains combattants se sont retournés contre le leader et se cachent à l’intérieur du pays en attendant l’arrivée de ce bataillon armé par les US, l’antirévolution.

Toutefois, Fidel Castro n’ignore rien de tout cela, car il a laissé tous les contestataires fuir dans les montagnes pour les rassembler au même endroit. Il n’y avait pas que des contestataires mais aussi de nombreux soldats de Batista. Et la CIA espérait aussi un soulèvement populaire au moment de l’invasion. Pendant les préparatifs de la contre-révolution, débute aux Etats-Unis la campagne présidentielle. Le candidat Kennedy( 1917-1963) aurait dû être informé du plan d’invasion mais Nixon, persuadé de sa victoire, s’y oppose. Peu avant les élections, en septembre 1960, Fidel Castro s’envole pour New York pour s’adresser aux Nations-Unis (ONU). Encore une fois, incroyable mais vrai, le petit peuple lui réserve un accueil très chaleureux, car pour les gens, il est toujours le « robin des bois ».

Il n’hésite pas à aller dans les quartiers chauds comme Harlem où il se présente toujours comme un homme du peuple. Il découvre une tout autre Amérique. Deux jours à peine après son arrivée à New York, il reçoit une prestigieuse visite, il s’agit du premier ministre soviétique « Nikita Khrouchtchev (1894-1971). Tout cela rassure Castro. Et son discours devant les Nations-Unis entrera dans la légende.  Ce jour-là, il envoie un signal très fort. A chaque vote Cuba se range derrière l’Union Soviétique. N’oublions pas que Fidèle Castro était un grand opportuniste, donc en réalité il n’avait pas trop le choix que de soutenir l’URSS, il devait survivre économiquement et militairement. Le 8 novembre 1960, le peuple américain élit Kennedy comme président. A partir de là il sera en effet informé du plan d’invasion de l’île de Cuba. Cela l’avait beaucoup choqué, car il voulait normaliser les relations en étant persuadé que Castro reviendrait sur sa décision en rompant son partenariat avec l’URSS. Mais il voulait aussi les normaliser avec L’Union Soviétique, il estimait que la guerre froide n’avait aucun sens (beaucoup de similitudes aujourd’hui entre Poutine et Trump qui désirent des relations apaisées mais empêchées par les parlementaires US). Mais finalement, de puissants lobbyistes le convainquent de continuer dans cette guerre froide, et le 4 avril 1961, il donne son accord à l’intervention à une condition,  » le débarquement se fera avec un appui aérien très réduit »  car il ne veut pas d’une grande et vraie guerre ouverte.

Le 15 avril 1961, des bombardiers sans nationalité détruisent l’aviation cubaine. Fidel Castro fait arrêter préventivement 200 000 cubains suspectés d’être des opposants au régime et décrète la mobilisation générale.

Au matin du 17 avril, trois bateaux rentrent dans la « Baie des Cochons », et à leurs bords 1500 opposants lourdement armés réussissent à prendre le contrôle de la plage et du secteur alentour. Mais la riposte de Castro fut terrible en déployant ses chars offerts par L’URSS. Un véritable bain de sang. Il ne leur a laisser aucune chance et de plus il était personnellement et physiquement aux manettes. 150 Combattants meurent lors de l’assaut et plus de 1300 sont faits prisonniers. Il triomphe à nouveau et c’est l’humiliation encore une fois pour les Etats-Unis, ces derniers le prennent comme une véritable défaite militaire. La Baie des Cochons représente moralement le symbole de la résistance du petit poucet face à Goliath et lie le peuple cubain à leur leader Castro. Plus que jamais il est le héros du pays. Sa légitimité n’a plus jamais été contestée. L’opposition complètement balayé et la révolution a gagné en respect tout autour du monde et surtout en Amérique Latine. A partir de là, il proclame officiellement la révolution et avec elle Cuba comme étant un état socialiste.

L’ERE KENNEDY, L’ERE DE TOUS LES DANGERS

Le président américain endosse la responsabilité de l’échec militaire et politique de l’invasion. Il projette de nouveaux plans, car cela était intolérable pour qu’une aussi puissante nation subisse un tel affront. Sa virilité fut atteinte et entra de plein pied cette fois dans la guerre froide. Il change donc de stratégie en lançant une guerre secrète en vue d’assassiner Castro. Avant la révolution, la mafia contrôlait les casinos de la Havane avant qu’il ne soit interdit. Le gouvernement américain veut exploiter cette vieille animosité. La CIA est allée trouver la mafia pour l’assassiner et ce qui s’est passé ensuite (C’est marrant) est un classique de la mafia: cette dernière a pris l’argent du gouvernement et elle n’a jamais tenté de le tuer. Kennedy persiste et ordonne à la CIA d’imaginer d’autres plans pour éliminer Castro. Son problème c’est qu’il voulait absolument l’écarter sans entrer en guerre, car cela aurait pu facilement dégénérer en guerre mondiale. Il s’agissait d’infiltrer la capitale en secret pour une élimination sans bavure et sans bain de sang, dans une discrétion absolue à travers de petits groupes ou mieux un empoisonnement. N’ayant pas de résidence à ce moment, Fidel vit dans une suite sécurisée de l’hôtel Hilton. Pour tenter de le tuer, la CIA parvient à recruter son ancienne maitresse Marita Lorenz à la suite d’une déception amoureuse. Elle connaît l’hôtel, elle y a vécu 9 mois avec Fidèle .

En février 1961, elle se rend à Cuba en apportant avec elle des pilules empoisonnées et des agents de la CIA attendent dans le hall de l’hôtel. Finalement, très nerveuse à l’idée de le tuer, elle prit les pilules et les jeta dans le bidet. Castro pose comme question à Marita : » es-tu venu pour me tuer?  » et elle qui répond:  » oui » Il lui tend son arme, un calibre 45, et lui dit: « Tiens, tue moi. » « Non, je ne peux pas te tuer, tu ne m’as rien fait et ce n’est pas à moi de prendre ta vie ». D’après Marita Lorenz, ils ont eu leur dernier rapport. Ils ne se sont plus jamais recroisés. Fidel échappe de nouveau à  de nombreux attentats fomentés par la CIA ce qui a pour conséquence de renforcer son régime. L’effet inverse de la politique américaine et cela profite finalement aux Castros et aux révolutionnaires. Son prestige est de plus en plus grand, devient quasiment invincible et à chaque attentat déjoué contre lui renforce un peu plus l’efficacité de ses services secrets qui sont aussi formés par l’URSS. Les services d’espionnage cubains sont beaucoup sollicités, car ils sont très bien implantés aux Etats-Unis à travers les migrants.

Cette guerre secrète menée par la CIA poussa Fidel à réfléchir s’il ne devait pas faire de même avec les hommes et femmes politiques du pouvoir US. Ainsi ils cesseraient de le harceler. Mais le calcul était effectivement dangereux pour Castro, car cela aurait débouché sur une guerre ouverte, il ne fallait pas tenter le diable.

Après les nombreux échecs des tentatives d’assassinats, Kennedy change une fois de plus de stratégie. Le 7 février 1962, il impose un embargo total à l’encontre de l’ile. Il veut asphyxier Cuba. L’embargo ne concerne que les US, le reste du monde peut continuer à commercer et notamment l’URSS. Et il planifie encore une fois une nouvelle invasion. Elle s’appellera ORTSAC (Castro à l’envers). Le débarquement est testé en 1962 à Puerto Rico.

Castro savait que s’il y avait un nouveau débarquement, sa défaite aurait été assurée. Seule solution pour éviter cela c’était la présence de troupes soviétiques. Il n’avait guère le choix, il allait perdre le bras de fer avec les Etats-Unis et il prendra une décision lourde de conséquence. Il envoie Che Guevara, son ministre de l’industrie à Moscou et en coulisse ils concluent un accord militaire. Il stipule un déploiement de missiles nucléaires à Cuba devant assurer la protection de l’île et de l’Union soviétique. L’opération est planifiée dans le plus grand secret.

Colonel IGOR KOURINNOY (Officier  force atomique soviétique) Déclare :  » En mai 1962, circulent les premières rumeurs dans le quartier général de la division, on entendait dire que nous allions être déplacé. Mais personne ne savait où ?

A partir de juin 1962, 45000 soldats soviétiques arrivent en secret à Cuba et avec eux des missiles nucléaires, des dispositifs anti-aériens et une centaine d’avions de combats. En tout il y aura 36 têtes nucléaires dans l’île chacune équivalent à 56 fois la puissance des bombes d’Hiroshima et Nagasaki et septembre 1962, les missiles sont opérationnels. Et tout cela sans que les US ne se rendent compte de quoi que ce soit. Le plan était bien évidemment risqué et Khrouchtchev voulait se rendre à la Havane pour annoncer au monde que l’URSS était enfin sur un pied d’égalité des forces nucléaires autour de la planète, car il ne faut pas oublier que les américains possèdent des bases armées en Turquie, c’est-à-dire aux portes de l’Union soviétique. Par coup de chance, un avion espion américain photographie les missiles. A ce stade ni Kennedy ni ses conseillers ne savent si les missiles sont opérationnels et deux options sont proposées :1- Bombarder le site des missiles- 2- Un blocus maritime. Le blocus équivaut à un acte de guerre, mais le frère du président Kennedy, Robert (1925-1968), défend la première option.

Le 20 octobre 1962, Kennedy est dos au mur, il officialise la crise cubaine à la télévision et prend la décision du blocus maritime à l’encontre de tous les navires se rendant à Cuba avec des armes. Il s’agit bien sûr de bloquer les russes. Le matériel nécessaire à protéger les missiles sont déjà dans l’ile notamment des batteries anti aériens sur la quasi-totalité du territoire. Les vols de reconnaissance des américains montrent que les missiles sont opérationnels. La force nucléaire américaine est mise en alerte absolue et Khrouchtchev ordonne à ses bateaux d’ignorer le blocus. On est là au bord d’un cataclysme, au bord d’une guerre atomique. Un général soviétique ordonne alors d’abattre un avion espion américain. Le pilote meurt. Les deux protagonistes s’accusent mutuellement de vouloir provoquer une guerre nucléaire. Mais en coulisse la diplomatie travaille.

Fidel devient fou de colère lorsqu’il apprend que les deux grands négocient sans lui, il se sent trahi et humilié par son allié. Et pour faire monter la sauce il conseille son allié d’attaquer dans l’immédiat sans hésiter.

Le 27 octobre 1962, le premier secrétaire du parti communiste fait une proposition à Kennedy, en contrepartie du retrait de tous les missiles, les Etats-Unis doivent s’engager à lever le blocus et ne pas envahir Cuba. Cependant, la réalité est toute autre. Il s’agit au fait du retrait total des missiles US de la Turquie, cette disposition reste secrète. Kennedy accepte la proposition. L’éventualité d’une guerre nucléaire s’évanouit peu à peu, pour Castro le résultat n’est pas satisfaisant, car sa sécurité et celle du régime n’étaient pas vraiment assurées sans les missiles. Il était aussi paranoïaque. Mais Moscou, pour calmer sa colère, l’invite pour son premier voyage officiel et sera accueilli en grandes pompes. Des contrats à tout va pour la reconstruction de l’île, des coopérations en tous genres, finalement il sort une fois de plus victorieux pour son peuple car, à part l’embargo imposé par les Etats-Unis, son pays se porte déjà bien mieux. Un contrat étant un contrat, Kennedy essaie de trouver cette fois-ci une façon de coexister avec Fidèle. Officiellement, il n’y a pas de contact entre les deux hommes, donc Kennedy profite du passage d’un journaliste français, Jean Daniel (1920), qui doit se rendre à la Havane pour rencontrer Castro afin de l’interviewer. Le président Kennedy voit en Jean Daniel la possibilité d’adresser un message à Fidèle Castro.

« Ce que vous ne saisissez pas, mais surtout les américains, c’est que pour moi le communisme, je m’en fiche, ca n’est pas mon ennemi. Je ne suis pas communiste biensur, et le rapport que vous avez avec le communisme cela m’est égal. Moi ce qui m’intéresse c’est la guerre et la paix ». 

Le lendemain, le journaliste s’envole pour la Havane. Le soir du 20 novembre 1963, Castro rend visite à Jean Daniel. Le chef cubain est au courant de l’entretien avec Kennedy. Castro lui posait des tas de questions : »Comment vous a-t-il dit cela? Comment m’appelait-il ? Que vous a-t-il de moi ?…Les deux hommes s’entretiennent jusqu’à l’aube. Il semblerait que Castro ait ouvert un deal avec Kennedy par l’intermédiaire de Jean Daniel. Puis, un jour plus tard, ils se revoient dans une maison au bord d’une plage de la capitale.

Comme on dit, on croit tout contrôler, mais cela s’avère être une illusion. Le 22 novembre 1963, Kennedy est à Dallas, au Texas. A 12h30, au passage de son convoi, trois coups de feu claquent. Deux balles le touchent mortellement dont une en pleine tête, cela au côté de son épouse (On la voit même récupérer un bout de son cerveau). Le tireur, Lee Harvey Oswald (1939-1963), est un fervent admirateur de Castro et a beaucoup de sympathie pour le communisme. Les services secrets cubains connaissaient ce personnage, car il avait déjà tenté de se rendre à Cuba. Il aurait même annoncé l’assassinat du président US. Il sera arrêté peu après.  Ces informations avaient été transmis à Castro, mais il a préféré les garder pour lui (Il s’agit d’une des versions. La plus plausible serait que les généraux américains auraient décidé de se débarrasser de Kennedy).

Avec le nouveau président américain, Lyndon Jonson (1908-1973), les Etats-Unis et Cuba restent des ennemis jurés. 

Le 11 décembre 1964, Che Guevara, lors d’un discours aux Nations-Unis le précise bien. « Nous sommes des ennemis ». Il s’en prend également à L’Union Soviétique qu’il accuse de s’être détourné de la révolution. A cette période, il faut le noter,  le Che et Castro commencent à avoir des différends. Castro l’ accueille très froidement à son retour de New York. « On ne critique pas ses alliés ». Ils se sont retrouvés dans une maison de la banlieue de la capitale et ils se sont entretenus durant 42 heures. Lorsque le Che en sort, il n’est plus commandant et plus ministre. Il n’est pratiquement plus rien, plus aucune responsabilité. Il disparaît, mais en secret, il veut réaliser ce qu’il a toujours soutenu, porter la révolution dans le reste du monde. Il commencera d’abord par l’Afrique, au Congo ( aujourd’hui Zaïre) où il veut soutenir les rebelles communistes qui, eux aussi, ont démarré la lutte armée. Che Guevara veut généraliser les luttes sur plusieurs fronts en même temps. Il avait, en effet, de l’expérience. Il fallait disperser les forces de l’ennemi pour être plus efficace. Toutefois, il se heurte à de grosses difficultés. Les rebelles acceptent les armes qu’il apporte avec lui, mais le fait qu’il ne soit pas congolais, ces derniers se méfient de lui. De plus, il sous-estime la complexité des haines tribales qui divisent l’Afrique dans son ensemble. S’ajoute à cela les maladies qui finissent par anéantir les hommes du Che. Après cette mésaventure, il décide rentrer en Amérique Latine sans pour autant perdre de vu son objectif. Il choisi la Bolivie pour planifier une nouvelle opération de guérilla. Il considère ce pays comme le point de départ idéal pour sa révolution. Le 11 novembre 1966, il se rend avec une équipe de vétérans cubains. Ils estimaient qu’il s’agissait d’un combat qui durerait 10à 15 ans, car il fallait libérer toute l’Amérique du Sud du joug des dictateurs.

D’après Castro, le parti communiste bolivien devait soutenir Guevara, mais l’URSS est contre les aventures révolutionnaires du Che à cause du discours qu’il tenu à l’ONU. Il doit alors se déplacer avec son groupe dans la forêt tropicale et là non il ne bénéficie d’aucun soutien. Au fait, Fidel avait lâché le Che. Il préparait son assassinat.

Toujours concentré, Che Guevara ordonne tout de même d’attaquer l’armée bolivienne. Il remporte quelques combats et lorsque le président bolivien (Alfredo Ovando Candia 1918-1982) apprend à qui il a à faire dans les Andes, il demande l’aide des Etats-Unis. Le plan de Guevara consistait à provoquer une invasion américaine mais la CIA n’a envoyé qu’une unité spéciale qui était stationné au Panama pour assister l’armée bolivienne, car elle n’avait aucune expérience des guerres asymétriques. Le 8 octobre 1967, le Che et ses hommes sont trahis par un indicateur infiltré dans le groupe (On dit qu’il pourrait s’agir probablement d’un agent de Castro). Les boliviens encerclent le groupe et ils sont faits prisonniers.

Guevara se fait interroger par un exilé cubain employé par la CIA qui avait participé à l’opération de la « Baie des cochons » (on ne connaît toujours pas les questions qui ont été posées). Le président bolivien ordonna l’exécution. Ses derniers mots furent « Dites à Fidel que la révolution vaincra en Amérique Latine. Et dite à ma femme qu’elle se remarie et qu’elle soit heureuse ». Il se leva, se tint fermement debout parce qu’il était blessé à la jambe. L’agent de la CIA demanda à un soldat de tirer, mais surtout pas à la tête parce qu’il devait avoir l’air d’être tombé pendant la bataille.

Le 18 octobre 1967, Fidel Castro annonce la mort du Che. En très bon politicien manipulateur, il fait de lui un martyr de la révolution et déclare les Etats-Unis comme l’ennemi numéro un.

C’est pendant cette période qu’il soviétise tout son système économique et toutes initiatives privés sont interdites à partir de 1968. Un véritable couloir de ravitaillement est mis en place avec l’URSS. En contrepartie, Cuba doit fournir la totalité de sa production de sucre. La collaboration donne ses fruits du fait que dans les domaines de l’éducation et de la santé, Cuba est largement en tête des pays d’Amérique Latine soutenus par les Etats-Unis. Sur le plan militaire également, l’île s’équipe des armes modernes soviétiques. Des conseillers militaires cubains surgissent partout dans les pays du tiers monde où les rebelles se battent.

La guerre civile en Angola est alors une opportunité pour Castro. En 1974, le Portugal se retire de sa colonie africaine et trois armées se battent pour le pouvoir. C’est un jeu de gagnant-gagnant. Pour les soviétiques, c’est l’occasion de s’implanter et progresser en Afrique et pour Castro, c’est à la fois permettre la magnificence de l’image de Cuba et de rembourser la dette aux russes.

L’Angola partage sa frontière au sud avec la Namibie qui est contrôlée par l’Afrique du Sud. Le groupe de résistance communiste de l’Angola demande l’aide aux pays socialistes afin de devenir un avant-poste de l’URSS voir un pays satellite à l’image de Cuba. Le pouvoir lui, est soutenu par l’Afrique du Sud et les Etats-Unis et le 4 novembre 1975, Castro envoie 35 000 soldats. L’Union Soviétique et Cuba travaillent main dans la main. Cuba fournit les hommes et la Russie des armes. Ce fut une guerre très sanglante et très longue. Il eut beaucoup de mort.

Le chef de cette armée est le général Ochoa (Arnaldo 1930-1989), compagnon de Castro. Sa stratégie est en pleine réussite. L’idée est simple: déstabiliser la Namibie et par ricochet l’Afrique du Sud qui devait, par tous les moyens se retirer du conflit. Il savait que les américains n’enverraient pas de troupes en Afrique. Il était d’une grande intelligence sur le champs de bataille, un stratège de la guerre moderne, un vrai expert militaire hors du commun ce qui a permis à Cuba de rester en Angola jusqu’à 1988 pour y soutenir le régime socialiste. Une fois le pouvoir bien implanté, Fidel Castro ordonne le retrait de ses hommes.

Toutefois, Cuba connaît une baisse de développement économique dû à plusieurs crises notamment de la production du sucre à cause du climat qui, en cette période, n’était pas favorable. On peut même dire que la situation était désespérée, car la famine guettait. Pour en échapper, des milliers de cubains migrent par la mer pour rejoindre les US. En avril 1980, des cubains défoncent la grille de l’ambassade du Pérou et demandent l’asile politique. Coup dur pour Fidel parce que Cuba devait être un modèle de réussite sociale et les péruviens refusaient de remettre les demandeurs d’asile. Hors de lui, Castro prend une décision radicale qui mettra à mal les relations de plusieurs pays. Il abolit tous les contrôles et tous les candidats à l’exil peuvent se présenter à l’ambassade péruvienne. Deux jours plus tard, 15 000 personnes se sont agglutinés devant les portes de l’ambassade, dormant des nuits et des nuits dans des conditions sanitaires déplorables dans le quartier des ambassades (Cela rappelle Calais aujourd’hui ou la Chapelle à Paris). Ce fut un scandale mondial. Comment l’a-t-il résolu? Simplement. « Vous voulez partir, ben alors partez. Que les gens de Miami viennent vous chercher ». Il leur souhaite le meilleur avec « leurs sociétés de consommations et leur nouvelle nationalité américaine après avoir tourné le dos à leur patrie ». Il faut péciser tout de même que plus de 300 000 réfugiés quittent le territoire et arrivent aux US. Parmi eux, on comptabilise 25 000 assassins dont les autorités voulaient absolument s’en débarrasser pour désengorger les prisons. Quelle belle occasion. Ils obtiennent tous un permis de travaille grâce à une lois d’exception pour les exilés cubains uniquement. En soit, la guerre de propagande continue. Aussi, l’idée était de submerger Miami. L’image du pays fut touchée, pourquoi pas en profiter. Les autorités encourageaient donc cette migration et dans cette masse, bien évidemment, des dizaines d’agents des services secrets infiltrés.

Connaissant la stratégie de la terre brulée de Castro, les relations entre les deux pays se gâtent et à la fin des années 1980, un nouveau conflit envenime la situation; il s’agit de la drogue. La DEA (département de lutte anti-drogue) tire la sonnette d’alarme. De grandes quantités de cocaïne entre aux USA par l’intermédiaire de cubains et les services US soupçonnent l’implication des hommes de Castro. La cocaïne venant de Colombie, on sait que les cubains soutiennent là-bas les rebelles communistes depuis les années 1960; il s’agit les FARC. Afin de financer leur combat clandestin, les FARC collaborent étroitement avec les parrains de la drogue et c’est ainsi que les officiers du ministère de la sureté cubaine ont eu l’idée de prendre aussi contact avec ces mêmes parrains pour les aider à inonder les rue américaines de drogue. Castro a tout de suite approuvé. La guerre est maintenant sur tous les fronts. Dans le même temps, des combattants rebelles arrivent à Cuba pour se former. Le deal était: laisser faire les rebelles et nous vous aiderons à transporter votre drogue sur le sol américain. Cuba fermait donc les yeux en laissant passer les trafiquants sur le territoire. Puis, l’argent de la drogue revenait à Cuba pour être blanchie et au passage le pays prenait 10% (il s’agit de centaines de millions de dollars, mais une partie allait aux combattants colombiens). Certes, une autre forme de guerre et tous les coups étaient permis.

Dans les mêmes années, des signes inquiétants parviennent à Cuba de Moscou. Gorbatchev, nouveau secrétaire général du parti communiste, entame une série de réformes. A cause de ses pays satellites (pacte de Varsovie) c’est-à-dire les pays de l’Europe de l’Est, et pour maintenir son autorité, la majorité de la production russe allait dans ces territoires. Il fallait nourrir plus de 80 millions d’habitants. Ceci, depuis près de 70 ans et ca n’était plus tenable. Le peuple russe lui-même commençait à en souffrir. La situation devenait urgente pour l’URSS et, par conséquent, le système devait se moderniser et donc se métamorphoser. Gorbatchev désirait le faire en douceur. Castro se préparait déjà à la fin de l’Union Soviétique mais pas aussi rapidement.

Ochoa, héros de la guerre de l’Angola rencontre Gorbatchev à Moscou. Pour lui ce sera une rencontre fatale, car à son retour, il conseille Fidel de faire de même; c’est-à-dire réformer aussi le système. Intolérable pour Castro. Quelques jours plus, il sera arrêté avec une quinzaine d’officiers proche de lui et seront traduit en justice pour trafic de drogue. Castro a toujours été paranoïaque, il le soupçonnait de vouloir le renverser et dans le même temps, il voulait aussi dire au peuple qui était le chef. Dans un procès public et expéditif, ils seront fusillés le lendemain de leurs condamnations. Castro s’est vite débarrassé de ses potentiels opposants en prévision à un soulèvement populaire.

Novembre 1989, en Europe, le mur de Berlin s’effondre (le pouvoir algérien avait déjà vu la chute du système socialiste des années avant. Des manifestations gigantesques ont lieu le 5 octobre 1988 c’est-à-dire une année avant la chute du mur. On y reviendra plus en détails dans seconde partie de ce chapitre) et deux ans plus tard, Boris Eltsine prend le pouvoir et démantèle l’Union Soviétique. Le capitalisme venait de remporter une grande victoire. Une fois le bloc soviétique disloqué, la Russie interrompt les aides aux Etats alliés du passé et l’économie et l’armée de Cuba sont au bord du gouffre. Le pays touchait effectivement 6 milliards de dollars par an de la part des soviétiques, le même budget alloué à Israël de la part des USA. L’île sombre dans l’une des crises les plus dures de son histoire. Tout est rationné, les gens stockent en prévision de pénurie et de famine, dans les villes ils élèvent de petits animaux, cultivent des légumes, c’est une période de disette. La population est une fois de plus affamée jusqu’à la fin des années 1990.

Comme avant la période de la révolution, Cuba mise à nouveau sur le tourisme. Des complexes hôteliers sont construits dans des plages magnifiques et, européens et canadiens débarquent en nombre. Tout est bon à prendre, le capitalisme commence peu à peu à pénétrer le pays. Castro autorise le dollar américain comme moyen de paiement; il s’agit d’une mesure d’urgence pour éviter l’effondrement du pays. L’idée est de permettre aux cubains de recevoir de l’argent des exilés et cela représente environ 2 milliards de dollars par an. Biensûr, les dollars sont les bienvenus mais pas les américains.

Castro a toujours eu peur de la dissidence et il l’a réprimé sans aucune pitié. Les opposants croupissent encore dans les prisons et certains sont exilés de force.

CONCLUSION PARTI CUBA

Comment pouvons-nous conclure?

Fidel Castro est mort et son frère Raul a pris la relève. Trump est président des Etats-Unis, Poutine de la Russie et entre temps l’Europe se construit ( mal mais elle se construit). Y aura-t-il un bouleversement ?

Le pouvoir existe depuis toujours. De tout temps, des hommes ont contraint et continuent de contraindre d’autres hommes à vivre sous leur joug, à travailler et à disposer de leur sort souvent dans des conditions inhumaines. A coté du triste sort des individus, la catastrophe réside ici dans la simple existence du sentiment de domination. Comme dans un couple, il y a un dominant et un dominé. D’ailleurs qu’il s’agisse des hétéros ou des homos (singe bonobo), il y a toujours un rapport de force ; la matière et l’antimatière, le oui et le non, le bien et le mal, la vie et la mort, toute notre existence et ce qui nous entoure sont régit par ces antagonismes sauf pour le nombre Zéro qu’on pourrait appeler ici l’éternel célibataire, car le néant n’existe pas, ce nombre nous aide simplement à compter.

On l’aura bien compris, le combat pour la domination dans ce court rappel de l’histoire concernait les deux grandes puissances d’après-guerre, le couple URSS/ USA par l’intermédiaire d’une petite île inoffensive.

Dans les sociétés humaines, le futur explique souvent le passé. C’est par le devenir d’un phénomène que l’on peut interpréter les origines. L’Amérique, jeune nation, essaie de construire son histoire. C’est certain, maladroitement, mais comme un enfant qui vient d’apprendre à marcher, il lui faut s’affirmer. La victoire de l’idéologie américaine capitaliste de 1989 est la première étape de son évolution. Cette victoire lui donne un sentiment de sécurité, trompeur, mais surtout de la motivation qui l’encourage à mener des politiques agressives d’aujourd’hui. Cette jeune nation tend à prendre une part de plus en plus importante dans l’émergence de catastrophes susceptibles de remettre en question la pérennité de notre monde en renfermant un véritable potentiel de destruction de toute vie sur notre planète.

Nous allons nous attaquer au cas de l’Algérie dans la deuxième partie. Il s’agit toujours du Socialisme vs Capitalisme. Nous pourrons mieux comprendre l’état actuel du monde.

Rappelons-nous, il s’agit pour le moment d’un rappel de l’histoire. Les débats suivrons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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